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Il a osé le geste que personne n’ose : comment un retraité a repris sa maison squattée en 48 heures

À 78 ans, Nicolas, ancien intermittent du spectacle à Romainville, a transformé un cauchemar immobilier en victoire juridique. Après avoir loué sa maison via Airbnb, il a vu un couple de locataires y rester illégalement, changer les serrures et même ouvrir un contrat d’électricité à son nom. Ce qui aurait pu devenir une perte définitive s’est inversé grâce à un réflexe à la fois courageux et légal : un pied dans la porte, et rien de plus.

Le piège de la location touristique

Nicolas n’avait jamais imaginé que sa confiance dans la plateforme de location pourrait le mener au bord de la ruine. Pour financer des travaux, il mettait ponctuellement sa résidence en location. L’été 2025, un couple — « Amanda » et « Nacha » — réserve trois nuits. Profil vérifié, documents en apparence légitimes, tenue soignée… tout semblait rassurant.

Pourtant, trois jours plus tard, un appel change tout. Nacha annonce qu’il « ne partira pas », qu’il a changé les serrures, et qu’il a souscrit un abonnement énergie. Le retraité comprend immédiatement qu’il est victime d’un squat organisé, une pratique malheureusement en hausse depuis l’essor des locations de courte durée.

Le face-à-face décisif : ni violence, ni recul

Accompagné de sa compagne Ève, Nicolas se rend sur place. Le portail est condamné. Les appels à la police se soldent par un simple conseil : « Déposez plainte. » Mais lorsque Nacha entre dans la maison, Nicolas en profite pour le suivre — c’est chez lui, après tout.

« J’ai mis mon pied dans la porte, et je ne l’ai plus retiré », explique-t-il. Pas de coup, pas de menace : juste une présence physique incontestable. Ce geste, simple mais puissant, empêche le squatteur de verrouiller la porte et force un dialogue avec les forces de l’ordre, finalement appelées sur les lieux.

Pourquoi la police a-t-elle changé de position ?

Au départ réticents à intervenir — estimant qu’il s’agissait d’un « litige civil » —, les policiers modifient leur approche quand Nicolas présente sa carte d’identité avec l’adresse exacte. Nacha, lui, ne dispose que d’une carte Vitale. L’imposture devient évidente.

Face au refus du squatteur de remettre les clés, les agents jouent la carte du bluff : « On défoncera la porte. » Il cède. L’enquête révèle que sa voiture est volée, son permis inexistant. Placé en garde à vue, il est poursuivi pour violation de domicile et dégradation.

Les failles administratives qui facilitent le squat

Le retour dans sa maison n’est pas synonyme de retour à la normale. Nicolas découvre un intérieur saccagé, des documents personnels envolés, et des serrures à remplacer pour 3 500 €. Pire : le squatteur a pu ouvrir un contrat d’électricité sans justifier de son droit d’occupation.

Engie rappelle une règle méconnue : les fournisseurs d’énergie sont tenus par la loi de fournir l’électricité à toute personne qui en fait la demande, sans vérifier le statut d’occupant. Cette disposition, bien intentionnée, devient une arme pour les squatteurs.

Par ailleurs, contrairement à une idée répandue, la loi antisquat de 2023 ne couvre pas les cas où l’entrée s’est faite via un contrat (même touristique). Ici, le maintien illégal relève d’une procédure classique d’expulsion, selon Me Romain Rossi-Landi, avocat en droit immobilier.

Que retenir pour éviter un squat après une location ?

Cette affaire illustre les dangers des locations ponctuelles non encadrées. Pour se prémunir contre un squat après location Airbnb, les propriétaires doivent :

  • Exiger une pièce d’identité officielle avec photo et adresse, même sur une plateforme « sécurisée ».
  • Utiliser des serrures intelligentes à code temporaire, réinitialisables à distance.
  • Ne jamais transmettre de justificatifs liés aux contrats d’énergie ou de téléphonie.
  • Signaler immédiatement tout dépassement de la durée convenue, sans attendre des semaines.
  • Consulter un avocat dès les premiers signes de mauvaise foi du locataire.

Car comme le rappelle Nicolas, aujourd’hui soulagé mais marqué : « Ce n’est pas parce qu’on est âgé qu’on doit se laisser déposséder de chez soi. »