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« Pas de vaccin, pas d’hôpital » : la déclaration qui ébranle la France

Une phrase, rapportée par Brigitte Macron lors d’une rencontre confidentielle avec des professionnels de santé, fait trembler les fondements du droit aux soins en France. « S’ils ne se vaccinent pas contre la grippe, on ne les reçoit pas à l’hôpital », aurait affirmé le Dr Mathias Wargon, pneumologue reconnu et mari de l’ancienne ministre Emmanuelle Wargon. Si les propos ont été nuancés depuis, leur écho est devenu un véritable séisme médiatique — et politique. Dans un contexte de saturation hivernale des hôpitaux, cette déclaration relance un débat longtemps tabou : faut-il conditionner l’accès aux soins à la responsabilité vaccinale ?

Un échange privé, devenu viral

Le 12 décembre 2025, à l’Élysée, Brigitte Macron recevait une dizaine d’acteurs de la santé publique pour discuter des enjeux de la campagne de vaccination antigrippale. C’est là qu’elle a cité le Dr Wargon, évoquant sa « proposition radicale » pour lutter contre la surcharge hospitalière. Selon Le Monde, elle aurait précisé : « Ce n’est pas une menace, c’est un constat d’impuissance. »

En quelques heures, l’information a été reprise, déformée, puis amplifiée. Sur les réseaux sociaux, la formule « pas de vaccin, pas d’hôpital » est devenue un slogan — brandi aussi bien par les partisans d’une vaccination obligatoire que par les défenseurs du libre choix thérapeutique.

Le Dr Wargon se défend : « Je n’ai jamais parlé de refus de soins »

 

Joint par Le Parisien, le pneumologue a tenu à clarifier sa position. « Dans un service saturé, chaque cas évitable pèse sur la capacité à sauver des vies. J’ai dit que nous devions responsabiliser les patients — pas les exclure. » Il insiste : il ne s’agit pas de refuser les soins, mais de rappeler que la grippe saisonnière coûte chaque année des milliers d’hospitalisations évitables.

Pourtant, dans le langage ordinaire, la nuance s’efface. Et la phrase, réduite à son essence la plus dure, devient un symbole d’un système de santé à bout de souffle.

Un système en crise, un public divisé

Santé publique France rapporte déjà plus de 280 000 cas de grippe confirmés en décembre 2025, avec un taux de vaccination stagne à 44 % chez les personnes à risque. Dans les hôpitaux de la région parisienne, les délais aux urgences dépassent souvent les 12 heures. Face à cette réalité, certains médecins estiment que la bienveillance ne suffit plus.

« On ne peut plus tout assumer », confie un chef de service anonyme dans Le Figaro Santé. « Quand un patient refuse un vaccin gratuit et préventif, puis arrive en réanimation trois semaines plus tard… c’est toute l’équipe qui paie. »

Droit aux soins contre responsabilité collective

Le principe d’accès inconditionnel aux soins est inscrit dans le code de la santé publique français. Le Conseil national de l’Ordre des médecins le rappelle fermement : aucun professionnel ne peut refuser un patient en urgence. Mais la pression monte. D’autant que d’autres pays, comme l’Italie ou la Grèce, ont déjà instauré des mesures incitatives — voire restrictives — pour les non-vaccinés dans certains contextes.

En France, le débat reste éthique autant que sanitaire. Et la phrase attribuée au Dr Wargon, relayée par Brigitte Macron, n’est peut-être que le symptôme d’un mal plus profond : un système de santé qui crie au secours, sans savoir encore comment le réformer sans trahir ses valeurs.