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Nicolas Sarkozy profite d’un répit tropical sous contrôle judiciaire

Moins de six semaines après avoir quitté la prison de la Santé, Nicolas Sarkozy a choisi les plages de la Guadeloupe pour s’offrir un moment de répit en famille. Ce déplacement, autorisé par les services judiciaires, intervient dans un contexte tendu : l’ancien président purge toujours une peine de cinq ans de prison ferme liée au financement libyen de sa campagne présidentielle. Malgré cette condamnation, il continue de bénéficier de mesures dérogatoires rares pour un justiciable ordinaire.

Une escapade encadrée par la loi

 

Le 19 décembre 2025, Nicolas Sarkozy atterrit à Pointe-à-Pitre, accompagné de Carla Bruni, de leur fille Giulia et d’un agent de sécurité. Le groupe s’installe à Sainte-Anne, une station balnéaire prisée des touristes. Dès le lendemain, l’ancien chef de l’État est repéré faisant son footing matinal sur la plage du Bourg — une image de banale tranquillité, en décalage avec sa situation judiciaire.

Ce séjour n’est possible que grâce à une autorisation exceptionnelle de sortie du territoire, accordée sous le régime strict du contrôle judiciaire. Sans ce sésame administratif, tout déplacement hors du périmètre métropolitain aurait été interdit. La justice exige aussi qu’il n’entre en aucun contact avec le ministre de la Justice Gérald Darmanin — une clause révélatrice des tensions persistantes entre l’ancien président et l’institution qu’il a un jour dirigée.

Un schéma qui se répète

Ce n’est pas la première fois que Nicolas Sarkozy voyage à l’étranger alors qu’il est condamné. En 2024, alors qu’il purgait une peine d’un an sous bracelet électronique dans l’affaire des écoutes Bismuth, la famille s’était envolée pour les Seychelles. Ce voyage, largement partagé sur TikTok par sa fille, avait provoqué un tollé médiatique.

Pourtant, la justice avait validé ce déplacement — à condition que les modalités soient précisées sous un mois. Ce double traitement, perçu comme inégalitaire, alimente les critiques sur les privilèges des élus condamnés et sur la sélectivité de l’exécution des peines en France.

Retour dans les Outre-mer, quinze ans plus tard

Ce nouveau voyage en Guadeloupe marque un retour symbolique. Nicolas Sarkozy n’était pas revenu dans l’archipel depuis sa visite présidentielle de 2009, lors de laquelle il avait défendu une vision centralisée de la République et rejeté toute autonomie pour les territoires ultramarins.

Aujourd’hui, c’est en justiciable surveillé qu’il foule à nouveau le sol antillais — un contraste frappant entre le pouvoir d’hier et la restriction d’aujourd’hui. Son statut, à la fois public et judiciaire, en fait une figure à la fois familière et controversée, dont chaque geste est scruté.