Noël à l’Assemblée : Le Pen tend la main, Lecornu lui tend… une pique sur Bardella
À un jour du réveillon, l’Assemblée nationale a vécu une scène presque irréelle. Marine Le Pen, habituellement en première ligne des affrontements politiques, a appelé à une « trêve de Noël » avec des mots de paix, d’espérance et de reconnaissance pour les travailleurs. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu — non pas par un vœu, mais par une moquerie ciblant Jordan Bardella. Et pourtant, elle a ri.
Une leader adoucie, mais pas désarmée
Sans LFI on peut débattre voir rire sans haine ni agressivité.
Sébastien Lecornu à Marine Le Pen :
« Je me demande où est-ce que vous trouvez toute cette énergie. »
Rire élégant de @MLP_officiel
Par contre Rachida Dati la fayote ricane… pic.twitter.com/xYOphEcjer
— Bruno Attal (@Bruno_Attal_) December 23, 2025
Mardi 23 décembre 2025, dans un hémicycle étonnamment calme, la députée du Pas-de-Calais a mis de côté ses attaques habituelles. « Faisons vivre cette belle tradition de la trêve de Noël », a-t-elle lancé, saluant au passage infirmières, policiers et gendarmes qui travaillent pendant les fêtes. Un geste inhabituel pour celle qui, rappelons-le, reste officiellement inéligible à la présidentielle de 2027 — sauf si son procès en appel, ouvert le 13 janvier, renverse la sentence.
Cette pause n’est pas seulement symbolique. Elle intervient à un moment critique : le budget 2026 n’a toujours pas été adopté, contrairement à l’exigence constitutionnelle du 31 décembre. Un vide législatif qui pèse sur les finances publiques — et sur la crédibilité du gouvernement.
La référence qui fait mouche
Sébastien Lecornu n’a pas laissé passer l’occasion. « Je me demande où vous trouvez toute cette énergie », a-t-il lancé à Marine Le Pen, reprenant mot pour mot une formule devenue virale. La phrase ? Celle que Jordan Bardella a répétée, maladroitement, lors de son passage dans « Quelle époque ! » le 13 décembre.
Face à des photos de Trump, Sarkozy, puis Poutine, le président du Rassemblement National avait insisté, presque mécaniquement : « Mais où trouvez-vous toute cette énergie ? » La séquence, amplifiée par la réaction espiègle de Roselyne Bachelot, a rapidement été détournée sur les réseaux sociaux comme symbole d’un manque de naturel — voire de répartie — du jeune leader d’extrême droite.
En citant cette réplique, Lecornu savait exactement ce qu’il faisait. « C’est une manière de vous répondre », a-t-il précisé, « avec malice ». Marine Le Pen, surprise, a éclaté de rire : « C’est pas gentil », a-t-elle murmuré. Un échange qui, pour quelques secondes, a humanisé deux adversaires politiques.
Retour à la réalité dès janvier
Pour autant, le Premier ministre n’a pas oublié l’urgence. Il a appelé à prolonger cette trêve « jusqu’en janvier », afin de faciliter l’adoption d’un budget 2026 en retard. Selon lui, voter sans délai serait un « cadeau » aux Français en première ligne. Mais dans un climat parlementaire profondément fracturé, cette paix est fragile.
Car derrière les sourires de Noël se cachent des désaccords structurels : sur l’immigration, le pouvoir d’achat, la sécurité. Et surtout, sur la légitimité même de gouverner. La trêve est belle, mais éphémère. Comme la magie des fêtes — elle s’arrête souvent dès le 26 décembre.
