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La fin d’une ère : qui vient enfin de briser l’impunité des géants chinois du e-commerce ?

Depuis des années, les petits commerçants européens regardaient, impuissants, les colis low-cost affluer de Chine sans jamais payer leur juste part. Mais en ce printemps 2025, un tournant historique vient d’être franchi. Une décision forte, claire, et longtemps attendue : une taxe de 3 euros sur chaque colis en provenance de Chine. Et derrière cette mesure symbolique, une voix s’élève avec fermeté.

 

Une déclaration fracassante au cœur du débat commercial européen

« La taxe de 3 euros sur les colis en provenance de Chine notamment marque enfin la fin de l’impunité pour les plateformes qui cassent les prix, détruisent nos commerces et exploitent les failles du marché unique. »

Ces mots, prononcés avec une rare vigueur, sont ceux de Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur. Ils ne sont pas lancés au hasard. Ils répondent à une crise silencieuse, mais réelle : la déferlante de marchandises ultra-bon marché via des plateformes comme Temu ou Shein, qui profitent depuis des années d’exemptions fiscales et douanières obsolètes.

Pourquoi cette taxe change tout

Jusqu’ici, les colis de moins de 150 euros en provenance de pays tiers étaient exemptés de TVA dans l’UE. Une règle conçue à l’ère pré-numérique, quand les volumes étaient négligeables. Aujourd’hui, avec des centaines de millions de colis envoyés chaque année, cette exemption est devenue une brèche béante, exploitée à grande échelle.

Grâce à cette taxe douanière de 3 euros, les acteurs étrangers devront désormais assumer une partie du coût logistique et fiscal. Ce n’est pas une barrière protectionniste, mais un rééquilibrage. Un signal fort envoyé aux géants du e-commerce mondial : le marché unique n’est plus une zone de non-droit.

Un soulagement pour les commerçants, un défi pour les consommateurs

En France, en Espagne, en Italie, les boutiques de quartier croulent sous la concurrence déloyale. Un t-shirt à 2,99 € livré en 72 heures, sans TVA, sans normes sociales ni environnementales… difficile de rivaliser. Cette réforme redonne un souffle aux petits commerçants, souvent oubliés dans les grandes manœuvres numériques.

Pour les consommateurs, ce changement pourrait légèrement augmenter le prix d’achat. Mais il pose une question essentielle : veut-on vraiment un commerce mondial sans règles, au détriment de nos emplois locaux et de nos normes sociales ?

Et maintenant ?

La mesure, entrée en vigueur dès le 1er janvier 2025, fait partie d’un vaste plan de réforme du commerce électronique transfrontalier au sein de l’Union européenne. Elle s’accompagne d’un renforcement des contrôles douaniers, d’exigences accrues en matière de traçabilité et de transparence sur les plateformes.

Thierry Breton, ancien PDG de plusieurs grands groupes industriels, ne cache pas son objectif : « Protéger l’Europe, ce n’est pas se fermer. C’est exiger la réciprocité. »