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Tragédie à Crans-Montana : le silence insoutenable des familles après l’incendie du Nouvel An

Alors que les montagnes suisses se paraient de neige pour la Saint-Sylvestre, un incendie foudroyant transformait une soirée festive en drame national. Le bar Le Constellation à Crans-Montana, lieu de réjouissance pour des dizaines de jeunes, est devenu le théâtre d’une catastrophe ayant fait au moins 40 morts. Parmi les disparus, plusieurs ressortissants français. Et parmi les voix qui s’élèvent, celle de Laetitia, une mère éplorée, hantée par une hypothèse glaçante : « Je pense que c’est la table de mon enfant qui a pris feu. »

Quand la fête vire au drame

La nuit du 31 décembre 2025 restera marquée par l’un des incendies les plus meurtriers en Europe ces dernières années. Vers 1 h 30 du matin, un feu s’est déclaré dans un établissement bondé de la station alpine suisse. En quelques minutes, flammes et fumée ont piégé les fêtards. Les secours, débordés, n’ont pu éviter l’irréparable.

Le bilan humain est lourd : 40 décès confirmés, 115 blessés, dont plusieurs dans un état critique. Huit Français sont toujours portés disparus. Le ministère des Affaires étrangères tente de coordonner les recherches, mais l’attente devient un calvaire.

 

Un appel à 0 h 03, puis plus rien

Laetitia, originaire de France, a eu son dernier contact avec son fils au tout début de 2026 — un simple vœu de bonne année. Peu après, un « snap » montre des bouteilles décorées de bougies inflammables sur une grande table. Moins de deux minutes plus tard, l’alarme retentit.

« Tout le reste de la tablée, on n’en retrouve aucun », confie-t-elle. Un seul ami a été localisé, brûlé à 45 % du corps. Les autres, engloutis par le chaos.

Les familles livrées aux réseaux sociaux

Le manque d’informations officielles aggrave la souffrance. « On apprend plus par les réseaux sociaux que par les conférences de presse », dénonce Laetitia. La cellule de crise, installée à Crans-Montana, assure un accompagnement psychologique, mais ne fournit pas de mises à jour en temps réel.

Les parents sont regroupés, en attente. Sans savoir si leur enfant est à l’hôpital, à la morgue, ou toujours porté manquant. « On ne peut pas laisser 40 familles dans l’ignorance », martèle-t-elle. Ce silence institutionnel alimente la colère autant que le chagrin.

Pourquoi ce drame interpelle la France entière

Ce n’est pas seulement un incendie : c’est un symbole. Une célébration collective, détournée par un événement tragique. Les questions fusent : quelles normes de sécurité étaient en vigueur ? Pourquoi utiliser des bougies inflammables dans un espace clos ? Et surtout, comment améliorer la gestion de crise pour les prochaines tragédies ?

Au-delà du deuil, ce drame exige des réponses. Et surtout, du respect pour les familles qui méritent la vérité — rapidement, clairement, et sans filtre.