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Une fillette de 10 ans emportée par le jeu du foulard : l’horreur d’un “jeu” qui tue en silence


Dans une maison paisible de Bruay-sur-l’Escaut, la nuit du 3 au 4 janvier 2026 s’est transformée en cauchemar. Une fillette de 10 ans a été découverte sans vie, victime d’un accident lié au jeu du foulard — une pratique d’asphyxie volontaire trop souvent banalisée comme un simple divertissement d’enfant. Les secours sont arrivés trop tard. L’autopsie a confirmé une légère trace de strangulation, sans signe de violence extérieure. Ce drame, terriblement banal dans sa mécanique, révèle à quel point ce phénomène circule encore dans l’ombre des chambres d’enfants — bien loin des radars médiatiques.

Un “jeu” qui n’en est pas un

Appelé aussi rêve bleu, jeu de la tomate ou encore jeu de l’évanouissement, ce comportement consiste à restreindre volontairement l’arrivée d’oxygène au cerveau. L’enfant utilise un foulard, une ceinture, un câble ou même ses propres bras pour comprimer ses carotides. L’objectif ? Provoquer un état modifié de conscience : vertiges, picotements, visions floues, parfois une brève perte de connaissance perçue comme euphorisante.

Pourtant, ce mécanisme neurologique est extrêmement instable. En privant le cerveau d’oxygène, même brièvement, on active un compte à rebours invisible. L’arrêt cardiaque peut survenir sans avertissement. Et lorsqu’il se produit seul, dans une chambre fermée, aucune chance de réanimation n’existe.

Pourquoi des enfants de 10 ans y jouent-ils ?

Parce qu’ils ne savent pas. Parce qu’un camarade en parle à la récré. Parce qu’un défi circule sur un réseau social. Parce que ça “fait rire” ou “donne des frissons”. À cet âge, la notion de risque mortel est abstraite. L’enfant ne cherche pas à se suicider — il cherche une sensation, comme on cherche un bonbon ou un nouveau jeu vidéo.

Et pourtant, les autorités sanitaires et éducatives alertent depuis des années. Le jeu du foulard touche des enfants dès le CP, avec des variantes comme le jeu de la tomate (retenir sa respiration jusqu’à rougir, puis blanchir). À l’école primaire, cela évolue. À l’adolescence, cela se combine parfois avec d’autres comportements à risque. Mais la tranche la plus vulnérable ? C’est justement celle qui ne sait ni lire les avertissements, ni anticiper les conséquences : les 8–12 ans.

Les signes que tout parent devrait reconnaître

Contrairement à d’autres dangers, celui-ci ne laisse pas toujours de traces évidentes. Mais certains indices méritent une attention immédiate :

  • Rougeurs ou marques discrètes autour du cou, souvent camouflées par des cols hauts
  • Évanouissements inexpliqués ou “malaises” rapportés à l’école
  • Pertes de mémoire à court terme ou difficultés scolaires soudaines
  • Objets inhabituels dans la chambre : cordes, écharpes nouées, sangles
  • Discours étranges sur le “plaisir de flotter” ou “voir des étoiles”

Ignorer ces signaux, c’est risquer l’irréparable.

Que faire ? Parler, sans dramatiser mais sans rien cacher

La peur n’éduque pas. Mais le silence, si. Il est essentiel d’aborder le sujet avec calme, en expliquant que ce “jeu” peut provoquer une mort subite en moins d’une minute. Pas “peut-être”. Pas “dans de très rares cas”. Oui. Immédiatement.

Les écoles ont un rôle crucial. Pourtant, peu de programmes de prévention ciblent spécifiquement cette pratique. Les enseignants, souvent mal formés, la confondent avec du harcèlement ou du jeu de rôle. Il est temps que le jeu du foulard entre dans les campagnes de santé publique — au même titre que la drogue ou le tabac.

Un deuil national, une leçon à tirer

La mort de cette fillette n’est pas un accident isolé. Elle s’inscrit dans une série de drames silencieux, sous-documentés, mais tragiquement récurrents. Chaque année en France, plusieurs dizaines d’enfants sont hospitalisés pour asphyxie auto-infligée. Certains survivent avec des séquelles neurologiques lourdes. D’autres ne se réveillent jamais.

Face à ce fléau invisible, il n’y a qu’une réponse : briser le silence. Nommer le danger. Et rappeler que parfois, le pire jeu n’a même pas de règles — juste une fin.