Constellation en feu : la mousse du plafond, un drame évitable
Il ne s’agissait pas d’un accident imprévisible. Dès 2015, des voix s’élevaient à Crans-Montana pour signaler les risques liés à la décoration du sous-sol du bar Le Constellation. Pourtant, rien n’a été fait. Et le soir du 1er janvier, une étincelle a suffi à transformer une fête en catastrophe humaine.
Un avertissement filmé en 2019
Lors du Réveillon 2019-2020, un serveur interpelle des clients qui brandissent des bouteilles équipées de feux de Bengale sous un plafond tapissé de mousse acoustique. “Faites gaffe à la mousse !”, répète-t-il, visiblement mal à l’aise.
La vidéo, authentifiée par la RTS, circule aujourd’hui comme une preuve accablante : le danger était visible, verbalisé, et pourtant toléré.
🔴🇨🇭 𝗔𝗟𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗙𝗢 — Une vidéo ACCABLE les propriétaires du bar Le Constellation à Crans-Montana : il y a 6 ans, les serveurs ALERTAIENT déjà les clients sur le danger de la mousse au plafond.
Une jeune femme, présente ce jour-là et à l’origine de la vidéo, témoigne… pic.twitter.com/RReWs9bs23
— Bastion (@BastionMediaFR) January 5, 2026
Des matériaux non conformes depuis la rénovation
Quand des repreneurs français ont transformé l’ancien local en boîte de nuit underground en 2015, ils ont opté pour des matériaux bon marché. La mousse isolante utilisée n’était pas ignifugée — une infraction grave aux normes incendie suisses.
Deux habitants de Crans-Montana affirment avoir alerté les responsables. En vain. La réponse était toujours la même : “On gère.”
Une seule issue, et elle était piégée
Le sous-sol, où se trouvaient plus de 150 personnes cette nuit-là, ne disposait que d’un escalier étroit comme issue. La prétendue porte de secours était verrouillée, menant seulement aux caves.
Pire : la porte principale, en plexiglas, s’ouvrait vers l’intérieur — une erreur fatale en cas de mouvement de panique. Les images de la tragédie en témoignent.
Des responsabilités encore floues
À ce jour, ni les autorités communales ni le canton du Valais n’ont fourni de rapport clair sur les inspections effectuées. Le gérant du Constellation reste injoignable.
Alors que 40 vies ont été fauchées et plus de 100 personnes blessées, la question demeure : pourquoi a-t-on laissé un tel piège à incendie fonctionner pendant des années ?
