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Crans-Montana sous tension : des journalistes racontent les menaces reçues près des lieux liés au drame du Constellation

Alors que l’enquête sur l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana avance avec prudence, une autre facette du drame émerge : celle de la pression exercée sur les médias. Plusieurs journalistes affirment avoir été verbalement agressés, voire physiquement menacés, par des individus se présentant comme des proches des gérants. Dans une région encore marquée par le traumatisme de 40 morts et plus de 100 blessés, ces incidents interrogent sur les limites du deuil — et sur le droit d’informer en temps de crise.

Des scènes tendues à Crans-Montana et Lens

Dès les premiers jours de janvier 2026, des équipes de Rai1 et du journal suisse Blick se sont rendues à Crans-Montana, puis à Lens, où réside le couple Moretti. Leur objectif : recueillir des témoignages, comprendre les failles de sécurité, suivre l’évolution judiciaire. Mais leur présence a déclenché des réactions hostiles.

“Cassez-vous !”, “Tu parles français ?”, “Qu’est-ce que tu fiches ici ?” : autant de phrases rapportées par des reporters confrontés à des individus visiblement en colère. L’un d’eux, Domenico Marocchi, a même déposé plainte après un coup porté à la poitrine. Il parle sans détour de “menace de mort”.

 

Intimidations devant Le Vieux Chalet

Les tensions ne se sont pas cantonnées au site de l’incendie. Devant Le Vieux Chalet, restaurant appartenant aux mêmes propriétaires à Lens, les journalistes auraient été sommés d’arrêter de filmer. Un employé aurait tenté de bloquer les caméras. Une femme, hors d’elle, aurait lancé des insultes violentes, accusant les médias de “profiter du malheur des autres”.

Ces comportements, bien que non coordonnés officiellement, semblent répondre à une logique commune : protéger la sphère familiale des Moretti, déjà ciblée par les rumeurs et les accusations médiatiques.

Rumeurs, vidéos et silence des autorités

Dans ce climat délétère, des spéculations circulent à propos de vidéosurveillance montrant Jessica Moretti quittant les lieux avec la caisse, légèrement brûlée au bras. Aucune source officielle n’a validé ces images. Les procureurs suisses restent muets, concentrés sur l’instruction pénale pour homicide par négligence et incendie par négligence.

Pour les journalistes, ce flou nourrit l’urgence de leur mission. Mais il accroît aussi les risques lorsqu’ils tentent de poser des questions simples : qui savait quoi, et quand ?

Quand le deuil entrave le droit d’informer

Il est légitime de pleurer. Il est humain de vouloir protéger les siens. Mais dans une démocratie, la vérité ne peut être étouffée par la colère ou la peur. Ces actes d’intimidation, même isolés, rappellent combien la liberté de la presse reste fragile — surtout face à des drames collectifs d’une telle ampleur.

Les familles des victimes, elles, attendent des réponses. Pas du silence. Encore moins de la violence verbale contre ceux qui cherchent à les obtenir.