Francis Lalanne sème le doute sur Brigitte Macron : quand les rumeurs deviennent une arme politique
À peine la justice française condamne-t-elle des cyberharceleurs de Brigitte Macron qu’un nouveau tollé éclate. Cette fois, c’est Francis Lalanne qui relance, en direct, des allégations transphobes sans fondement. Ses propos, diffusés sur une chaîne en ligne, ravivent une vieille campagne de désinformation — et posent une question cruciale : jusqu’où ira-t-on pour salir une figure publique ?
Des rumeurs anciennes, mais toujours actives
Depuis l’accession d’Emmanuel Macron à la présidence, Brigitte Macron est victime de rumeurs complotistes persistantes. Ces dernières affirment, à tort, qu’elle serait née homme. Malgré les démentis constants, ces théories circulent encore sur les réseaux sociaux, relayées par des comptes anonymes ou des personnalités médiatiques.
Ce phénomène n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une tendance plus large : l’utilisation du genre comme outil de discrédit politique. Les infox sur l’identité de Brigitte Macron servent moins à « chercher la vérité » qu’à alimenter un climat de défiance envers les institutions.
🔴 FLASH | AFFAIRE BRIGITTE – « ça ne me dérange pas que ce soit un monsieur » 🧔♀️
Francis Lalanne est convaincu que Brigitte Macron est en fait Jean-Michel Trogneux et qu’elle (il ?) dirige la France en secret. ⚧️👁️pic.twitter.com/btKUVX1m50
— SIRÈNES (@SirenesFR) January 8, 2026
Une victoire judiciaire historique
Le 5 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Paris a rendu une décision sans précédent. Dix personnes ont été reconnues coupables de cyberharcèlement envers la Première dame, certaines écopant de six mois de prison ferme. Une condamnation saluée comme un signal fort contre la haine numérique.
Pourtant, cette avancée juridique n’a pas étouffé les rumeurs. Au contraire, elle semble avoir stimulé une nouvelle vague de provocations — dont celle de Francis Lalanne, lors de son passage sur TV Libertés.
L’intervention polémique de Francis Lalanne
Dans l’émission Bistro Liberté, le chanteur a affirmé que « cette personne gouverne la France », ajoutant qu’il fallait « qu’il soit clair pour tout le monde qu’elle est un Monsieur ou une Dame ». Il a conclu : « Ça ne me dérange pas que le président vive avec un Monsieur. Ce qui me dérange, c’est qu’on me mente. »
Ces mots, soigneusement choisis pour éviter une accusation directe, restent profondément problématiques. Ils reposent sur une prémisse fausse, tout en feignant de défendre la transparence. C’est une rhétorique classique de la désinformation moderne.
Pourquoi ce type de discours nuit à la démocratie
Exiger des preuves publiques sur le sexe d’une citoyenne — surtout une femme de 73 ans — constitue une violation flagrante de la vie privée. Cela normalise aussi la suspicion envers les femmes puissantes, souvent accusées de manipuler leurs partenaires.
Les déclarations transphobes camouflées en questions légitimes sapent le débat public. Elles détournent l’attention des vrais enjeux : logement, santé, éducation… au profit de fantasmes infondés.
Brigitte Macron, entre rôle officiel et harcèlement numérique
Contrairement à ses homologues internationales, la Première dame française n’a pas de statut constitutionnel. Pourtant, elle assume des missions concrètes : lutte contre le harcèlement scolaire, promotion de la lecture, accompagnement culturel. Son engagement mérite respect — non calomnie.
Face aux attaques, elle choisit désormais la voie judiciaire. Une stratégie risquée, mais nécessaire dans un pays où le cyberharcèlement politique devient une norme.
