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Crans-Montana en deuil : le cri d’angoisse d’une mère après l’incendie meurtrier

Le soir du 31 décembre 2025, une fête de fin d’année s’est transformée en cauchemar à Crans-Montana. Dans le bar Le Constellation, un incendie a dévoré des vies en quelques minutes. Quarante personnes ont péri. Plus de cent autres portent encore les marques — visibles ou invisibles — de ce drame collectif. Parmi elles, deux sœurs, âgées de 17 et 20 ans. Leur mère, interviewée le 10 janvier 2026, livre un témoignage bouleversant où la douleur se mêle à une colère légitime.

Des blessures qui vont bien au-delà de la peau

L’une des jeunes filles a subi des brûlures au troisième degré au dos et à la main. Elle revit sans cesse l’enfer : les flammes montantes, les vitres infranchissables, les corps inertes autour d’elle. “Elle étouffe, elle tape sur des portes fermées”, raconte sa mère. Son réflexe de retirer son pull en feu lui a sauvé la vie — mais pas son esprit.

L’autre, plus âgée, est alitée, silencieuse, le crâne rasé par les soins intensifs. “Elle ne peut plus s’exprimer”, confie sa mère. Son état psychologique post-traumatique inquiète autant que ses plaies physiques. Avoir assisté à la mort de proches dans un lieu censé être festif a brisé quelque chose en elle.

Un établissement sans issue de secours ?

Les témoignages convergent : le bar manquait cruellement de mesures de sécurité élémentaires. Aucune issue de secours fonctionnelle, des accès trop étroits, une configuration qui a piégé les fêtards. Pour la famille des victimes, ce n’est pas un accident. C’est une faute évitable.

“C’était un caveau, un cimetière”, accuse la mère. Elle pointe directement Jacques et Jessica Moretti, gérants du Constellation, qu’elle tient pour responsables de cette tragédie. “Ils savaient très bien ce qu’ils faisaient.”

Une instruction pénale en cours, une justice attendue

Jacques Moretti est actuellement en détention. Sa femme, Jessica, reste en liberté provisoire. Tous deux sont poursuivis pour homicide par négligence, lésions corporelles graves et incendie dû à un défaut de sécurité. L’enquête devra déterminer si des normes ont été sciemment ignorées.

“Vous condamnez nos enfants une deuxième fois si vous les relâchez”, lance la mère aux juges. Son appel résonne comme un cri universel : celui des familles endeuillées exigeant que la sécurité publique ne soit jamais sacrifiée sur l’autel du profit.