Indignation générale après la diffusion d’une vidéo de sanglier traîné dans le Tarn
Une scène filmée par hasard
C’est lors d’une simple promenade familiale que tout a basculé. Une habitante de Paulinet filme ses chiens quand un véhicule surgit à vive allure. À l’arrière, un jeune sanglier mort pendouille, laissant une longue traînée de sang sur le chemin communal.
Choquée, elle décrit une « scène insoutenable ». Elle estime avoir vu du sang sur près de deux kilomètres — une image qui ne quitte plus les esprits.
La mobilisation citoyenne s’organise
En quelques heures, la vidéo circule massivement. L’association One Voice reçoit des centaines de signalements. Très vite, une pétition exigeant des sanctions contre ce type de comportement recueille plus de 30 000 signatures.
L’appel est clair : il faut criminaliser la cruauté animale post-mortem. Même si la loi actuelle ne sanctionne pas explicitement ce geste, l’opinion publique juge qu’il franchit une ligne rouge morale.
Les chasseurs réagissent, mais sans apaiser
David Eymard, président de la fédération des chasseurs du Tarn, reconnaît une maladresse. Selon lui, le gibier était déjà mort, et le transport improvisé faute de place dans le coffre. « Rien n’interdit légalement ce mode de transport », affirme-t-il.
Pourtant, cette explication sonne creux pour beaucoup. Manon Delattre, juriste chez One Voice, rappelle que si l’animal avait été vivant, cela aurait constitué une chasse prohibée — passible de sanctions.
Un appel à moderniser la législation
Au-delà de ce cas isolé, l’affaire met en lumière un vide juridique préoccupant. Aujourd’hui, la maltraitance animale après le décès n’est pas clairement définie ni punie. Pourtant, de plus en plus de citoyens exigent un cadre éthique cohérent, même en milieu rural.
Alors que la plainte déposée par une seconde témoin avance lentement, cette vidéo pourrait bien marquer un tournant dans la manière dont la France perçoit le traitement des animaux sauvages — morts ou vivants.
