À 20 ans, elle s’est tue après trois ans d’enfer chez Burger King
Elle souriait derrière le comptoir, servait des Whoppers avec application, et rentrait chez elle en silence. Sylvana Dufossé, 20 ans, employée chez Burger King à Calais, n’a pas survécu à ce que ses proches décrivent comme un calvaire professionnel prolongé. Le 1er janvier 2026, elle mettait fin à ses jours, laissant derrière elle des messages bouleversants et une famille en quête de justice.
Un quotidien marqué par le harcèlement moral
🚨 "J’en peux plus du taf, je suis à bout" : Sylvana, employée du Burger King Beau‑Marais à Calais, s’est suicidée à son domicile le 1er janvier, à l'âge de 20 ans.
Selon ses proches, la jeune femme subissait un harcèlement moral répété au travail : pression constante, remarques… pic.twitter.com/PSoNIIPAVS
— GOSSIP ROOM (@GossipRoomOff) January 21, 2026
Recrutée à 17 ans, Sylvana a rapidement été confrontée à un climat de travail hostile. Selon les témoignages recueillis, elle subissait régulièrement des remarques sur son apparence, sa vie privée, voire des insultes directes. « Elle revenait du boulot en pleurant », confie sa sœur Angelina. Les échanges conservés sur son téléphone montrent une jeune femme en détresse psychologique croissante, isolée et sans soutien.
Malgré cela, aucun signalement officiel n’aurait été traité par la direction locale — ni même remonté via la plateforme anonyme censée protéger les salariés, selon Burger King France.
Des collègues qui confirment l’ambiance toxique
Plusieurs anciens employés de l’établissement de Calais corroborent ces allégations. L’un d’eux rapporte des propos récurrents : « Elle peut paraître fille sage, mais au final c’est une salope. » Une autre employée, partie en juin 2025 après avoir déposé une plainte pour harcèlement en milieu professionnel, explique : « Quand je savais que c’était lui, j’avais une énorme boule au ventre. »
Ces témoignages dessinent un schéma clair : un environnement de travail toxique, normalisé par une culture du silence et une absence de supervision managériale.
Entre marketing glamour et réalité du terrain
Pendant que Sylvana luttait pour tenir le coup, Burger King lançait en grande pompe son sweat « Warmcore » — un vêtement lifestyle vendu 80 €, doté de poches chauffantes pour burgers. Un produit viral, rapidement épuisé, présenté comme symbole d’innovation et de modernité.
Mais cette image soignée contraste violemment avec les conditions vécues par de nombreux employés dans les cuisines et derrière les caisses. Depuis son retour en France en 2009, la chaîne a multiplié les ouvertures, souvent avec des équipes jeunes, sous-qualifiées et sous pression.
Un drame qui interpelle toute la société
Le suicide de Sylvana ne doit pas être réduit à un cas isolé. Il s’inscrit dans une tendance inquiétante : la hausse du taux de suicide chez les jeunes travailleurs, particulièrement dans les secteurs à forte précarité comme la restauration rapide. Son histoire rappelle celle de Camélia, 17 ans, disparue en 2023 après du harcèlement scolaire — un autre cri d’alerte resté trop longtemps sans réponse.
Aujourd’hui, la famille Dufossé exige une enquête transparente et une reconnaissance institutionnelle du harcèlement moral subi. Car derrière chaque statistique, il y a une vie brisée — et une entreprise qui doit assumer ses responsabilités.
