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Clémentine Célarié : le sacrifice physique derrière la scène de noyade du Diplôme

Elle aurait pu laisser une doublure prendre les vagues à sa place. Mais Clémentine Célarié a choisi de plonger elle-même — corps, souffle et émotion — dans l’eau glaciale de Saint‑Malo pour incarner la noyade de Delphine dans Le Diplôme. Ce geste, bien plus qu’un caprice d’actrice, révèle une exigence morale rare face à un sujet aussi grave que le fémicide.

Une décision motivée par le respect des victimes

Dans le final diffusé le 26 janvier 2026 sur TF1, la mort de Delphine clôt un arc narratif bouleversant. Dès le générique de la série, on la voit se débattre dans les flots. Pour rendre cette image insoutenable mais nécessaire, Clémentine Célarié a refusé toute substitution. « Je voulais le vivre jusqu’au bout, affirme-t-elle. C’est la moindre des choses pour les femmes qui le vivent vraiment. »

Cette phrase simple porte tout le poids d’un engagement éthique. Dans une fiction inspirée de réalités sociales brûlantes, l’authenticité n’est pas un luxe : c’est une obligation. Surtout quand il s’agit de représenter la violence conjugale à l’écran.

Les défis du tournage en mer hivernale

Le plateau, installé sur les côtes bretonnes, réservait des surprises cruelles. Malgré la présence d’une cascadeuse professionnelle et d’une équipe de sécurité, l’actrice a insisté pour effectuer la prise elle-même. Résultat : une immersion brutale, sans filet.

« J’ai eu la tête sous l’eau pendant cinq secondes — ce qui paraît court, mais c’est énorme », raconte-t-elle. Entre les vagues imprévisibles et l’impossibilité de reprendre son souffle, chaque seconde devenait une lutte. La scène, tournée en une seule prise, conserve ainsi une intensité presque documentaire.

Quand le jeu devient acte de mémoire

À 68 ans, Clémentine Célarié démontre que le jeu d’acteur peut transcender le divertissement. Son choix transforme une séquence dramatique en hommage silencieux aux milliers de femmes confrontées à la violence domestique. Dans Le Diplôme, Delphine n’est pas qu’un personnage : elle est le miroir d’une tragédie trop souvent banalisée.

Face à Bernard Campan, Ahmad Kontar et le reste du casting, l’actrice impose une vérité corporelle qui marque durablement les esprits. C’est précisément cette authenticité — risquée, exigeante, humaine — qui fait de cette scène l’un des moments les plus marquants de la télévision française en 2026.