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Urgence Sanitaire : La Leptospirose Frappe à Nouveau – Protégez-vous Immédiatement

Janvier 2026 marque un nouveau tournant dans la vigilance sanitaire française. Trois jeunes adultes, âgés de 25 à 35 ans, ont été admis en réanimation après avoir contracté la leptospirose suite à l’acquisition de rats dans une même animalerie. Ce cas inquiétant, survenu en Bourgogne-Franche-Comté, s’ajoute au décès récent d’un chien en Bretagne victime de la même pathologie. Cette maladie bactérienne méconnue mais potentiellement mortelle nécessite une attention immédiate. Voici tout ce que vous devez absolument connaître pour vous protéger et protéger vos proches.

Définition et épidémiologie de la leptospirose

La leptospirose représente une menace sanitaire sous-estimée en France hexagonale. Classée comme zoonose à déclaration obligatoire, cette infection bactérienne connaît une progression marquée depuis 2014. Selon les données de Santé publique France, le nombre annuel de cas a doublé, passant de 300 à près de 600 par an. Les territoires d’outre-mer font face à une situation bien plus critique, avec des taux d’incidence multipliés par 12 à 70. À l’échelle planétaire, l’Organisation mondiale de la santé estime plus d’un million de cas chaque année, accompagnés d’un taux de létalité dépassant les 10 %.

Modes de transmission de la leptospirose

La contamination par la leptospirose s’effectue principalement par contact avec l’urine d’animaux infectés. Les rongeurs, et particulièrement les rats, constituent le réservoir principal de la bactérie Leptospira. Toutefois, de nombreux autres animaux peuvent transmettre la maladie : chiens, bovins, porcs, chevaux ou encore animaux sauvages. La bactérie persiste durablement dans les environnements humides : eau douce stagnante, boue, sols inondés ou objets contaminés. La pénétration dans l’organisme humain s’effectue par des micro-lésions cutanées ou directement au niveau des muqueuses. Les activités professionnelles exposant aux eaux usées, l’agriculture ou même certaines pratiques récréatives augmentent significativement le risque d’exposition.

Manifestations cliniques et complications

L’incubation de la leptospirose varie généralement entre 5 et 14 jours suivant l’exposition. Les symptômes initiaux imitent fréquemment une infection grippale classique : fièvre soudaine, frissons intenses, céphalées sévères, conjonctivite marquée et myalgies profondes. L’absence de signes pathognomoniques rend le diagnostic initial délicat. Selon l’Institut Pasteur, l’association d’un ictère conjonctival et de douleurs musculaires intenses constitue cependant un faisceau d’arguments évocateurs. Dans environ un cinquième des cas, la maladie progresse vers des atteintes multiviscérales. Le syndrome de Weil, forme sévère de la leptospirose, se caractérise par une insuffisance rénale aiguë, des hémorragies pulmonaires ou digestives, et des troubles neurologiques pouvant aller jusqu’au coma. Bien que la survie soit possible avec une prise en charge adaptée, la convalescence s’étend souvent sur plusieurs semaines, avec parfois l’apparition tardive de complications oculaires.

Stratégies diagnostiques et thérapeutiques

Le diagnostic de la leptospirose repose sur des examens biologiques précis et fiables. La détection directe de la bactérie s’effectue par test PCR sur prélèvements sanguins ou urinaires. Parallèlement, la recherche d’anticorps spécifiques via sérologie permet de confirmer l’infection. Les formes modérées peuvent connaître une guérison spontanée, mais un traitement antibiotique précoce reste fortement recommandé pour prévenir toute aggravation. En cas de forme sévère nécessitant une hospitalisation en réanimation, l’administration intraveineuse d’antibiotiques devient impérative, comme en témoignent les récents cas hospitaliers en Bourgogne-Franche-Comté.

Mesures de prévention individuelles et collectives

La lutte contre la leptospirose implique des actions à plusieurs niveaux :

  • Programmes de dératisation systématique dans les zones urbaines et périurbaines
  • Gestion appropriée des eaux pluviales et drainage des zones inondables
  • Surveillance renforcée des eaux issues des exploitations agricoles
  • Utilisation systématique d’équipements de protection individuelle : gants imperméables, bottes, lunettes de sécurité
  • Éviction des baignades en eau douce en présence de plaies cutanées, particulièrement après des épisodes pluvieux intenses
  • Vaccin contre la leptospirose recommandé pour les professionnels à risque élevé : égoutiers, éleveurs, agents de nettoyage, vétérinaires

Protection des animaux de compagnie : enjeu crucial

La leptospirose canine constitue une urgence vétérinaire majeure. Le service 3115 Urgences Vétérinaires recense chaque année plusieurs centaines de cas en France. La vaccination annuelle du chien demeure la mesure préventive fondamentale, bien qu’elle ne couvre qu’un spectre limité des souches circulantes parmi les plus de 250 identifiées à ce jour. Évitez systématiquement les zones humides stagnantes lors des promenades. Maintenez une hygiène rigoureuse après tout contact avec des environnements potentiellement contaminés. Face à l’apparition de symptômes atypiques – fièvre, abattement, perte d’appétit –, une consultation vétérinaire en urgence s’impose. Sans intervention rapide, le pronostic devient dramatique avec un taux de mortalité pouvant atteindre 100 %.

Pierre Fabing, vétérinaire intervenant au 3115, met en garde : « La leptospirose se manifeste initialement par des signes aspécifiques : fièvre modérée, fatigue prononcée, douleurs diffuses. Cette banalité apparente retarde fréquemment le diagnostic, tant chez l’animal que chez l’humain. » Une sensibilisation accrue et une collaboration étroite entre médecins et vétérinaires s’avèrent indispensables pour endiguer cette menace sanitaire croissante.