Incident rarissime à l’hôpital Sainte-Musse : extraction d’un obus de la Grande Guerre coincé dans le rectum d’un patient âgé
Samedi 17 décembre 2022 restera une date marquante dans les annales de l’hôpital Sainte-Musse de Toulon. Ce jour-là, un homme de 88 ans franchit les portes des urgences avec une douleur inhabituelle et un secret bien gardé : un obus de la Première Guerre mondiale, vestige historique devenu source d’urgence médicale. L’événement, à la fois médical et sécuritaire, a mobilisé en quelques minutes l’ensemble des protocoles de crise de l’établissement.
Le patient et son fardeau historique
Âgé de 88 ans, l’homme a déclaré aux équipes médicales avoir « glissé et être tombé » avec l’objet. L’obus, mesurant environ 18 centimètres de long pour un diamètre de 5 à 6 centimètres, était fermement coincé dans le rectum. Bien que le patient ait immédiatement précisé que l’engin était « démilitarisé », les médecins ont appliqué le principe de précaution maximal face à ce qui pouvait s’avérer être un engin explosif.
Évacuation et mobilisation des forces de sécurité
En quelques instants, l’ambiance des urgences s’est transformée. Le service a été partiellement évacué par mesure de sécurité. Les services de déminage ont été alertés et se sont rendus sur place en urgence. Pendant plusieurs heures, l’hôpital a fonctionné en mode crise, les patients et le personnel attendant avec anxiété le verdict des experts en explosifs.
L’expertise des démineurs rassure tout le monde
Après un examen attentif, les démineurs ont confirmé que l’obus était effectivement inerte. Selon les informations recueillies, il s’agissait d’un obus de collection datant de 1918, probablement offert en souvenir aux Poilus de la Grande Guerre. Cette certification a permis de lever l’alerte et de donner le feu vert aux chirurgiens pour procéder à l’extraction.
L’intervention chirurgicale
Une équipe spécialisée en chirurgie viscérale a été mobilisée pour une opération délicate. L’extraction s’est faite par voie abdominale, une approche technique permettant de minimiser les risques pour le patient. L’intervention s’est déroulée sans complication, témoignant du professionnalisme et de l’adaptabilité des équipes médicales face à des situations exceptionnelles.
Le témoignage édifiant du personnel soignant
Interrogé par Nice-Matin, un membre du personnel hospitalier a partagé son étonnement : « Nous avons l’habitude des corps étrangers rectaux — fruits, objets du quotidien, parfois des articles de toilette. Mais un obus de guerre ? Jamais ! » Cette réaction illustre parfaitement le caractère unique de ce cas dans l’histoire des urgences médicales françaises.
Un cas médical qui interroge
Cet incident soulève plusieurs questions. Comment un tel objet historique a-t-il pu se retrouver dans une telle situation ? Les objets de collection militaire doivent-ils faire l’objet d’une réglementation plus stricte ? Et surtout, comment les services d’urgence gèrent-ils des cas aussi atypiques ?
Les médecins rappellent que les corps étrangers dans le rectum représentent une urgence fréquente, mais que chaque cas nécessite une approche individualisée. La présence d’un objet aussi volumineux et potentiellement dangereux comme un obus de 1918 reste cependant un cas d’école exceptionnel.
Conclusion : une journée mémorable pour l’hôpital de Toulon
Le patient, bien que secoué par cette expérience, a pu quitter l’hôpital Sainte-Musse en bonne santé. Quant aux équipes médicales et de sécurité, elles garderont longtemps en mémoire cette journée où l’histoire, la médecine et la sécurité publique se sont croisées de la manière la plus insolite qui soit.
