Actu

Ségolène Royal lance un appel solennel : Reconnaître les séquelles de la colonisation pour apaiser les relations France-Algérie

De retour d’une mission diplomatique à Alger, Ségolène Royal, présidente de l’Association France Algérie (AFA), a prononcé des propos marquants sur l’héritage colonial français. Lors d’une intervention télévisée le 2 février 2026, l’ancienne candidate à l’Élysée a souligné l’urgence d’un geste de réconciliation entre Paris et Alger, estimant que les conséquences dramatiques de la colonisation restaient encore non reconnues par la France. Une déclaration qui relance le débat sur la politique mémorielle et les perspectives de normalisation des relations France Algérie.

Un plaidoyer pour la reconnaissance historique

 

En visite officielle en Algérie la semaine dernière, Ségolène Royal a rencontré le président Abdelmadjid Tebboune et plaidé pour une réconciliation franco-algérienne fondée sur la vérité historique. « Les conséquences dramatiques de la colonisation n’ont jamais été pleinement reconnues », a-t-elle déclaré, rappelant que les Algériens ne réclament pas d’indemnisation financière, contrairement à d’autres anciennes colonies.

Elle a également évoqué les propos tenus par Emmanuel Macron en février 2017 à Alger, qualifiant alors la colonisation française de « crime contre l’humanité », avant un revirement perçu comme une « trahison » par une partie de l’opinion algérienne.

La situation reste tendue. Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes nécessitant, selon elle, une approche renouvelée centrée sur le respect mutuel.

Christophe Gleizes : un dossier emblématique de la tension actuelle

Au cœur des discussions, le sort du journaliste français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie pour « apologie du terrorisme ». Ségolène Royal a annoncé avoir obtenu l’autorisation de lui rendre visite près d’Alger, une démarche perçue comme un geste de bonne volonté.

« À part ses parents et le cardinal Jean-Paul Vesco, il n’a reçu aucune visite », a-t-elle précisé, tout en confirmant avoir soutenu la demande de grâce transmise au président Tebboune.

Ce cas s’ajoute à d’autres épisodes récents ayant alimenté la crise diplomatique France Algérie, comme la détention temporaire de l’écrivain Boualem Sansal ou l’incarcération en France d’un agent consulaire algérien. Chaque incident renforce la nécessité d’un dialogue apaisé.

Pourquoi ce dossier cristallise les tensions

Le traitement médiatique et judiciaire de l’affaire Christophe Gleizes journaliste illustre les défis de la coopération judiciaire internationale. Résoudre ce dossier serait un pas concret vers la restauration de la confiance entre les deux pays.

Les racines profondes de la crise diplomatique

La rupture entre Paris et Alger trouve son origine dans la reconnaissance par la France, en août 2024, d’un plan d’autonomie pour le Sahara occidental sous souveraineté marocaine. L’Algérie, soutien historique du Front Polisario, a perçu cette décision comme une violation de ses intérêts stratégiques.

Depuis, les échanges diplomatiques se sont raréfiés, tandis que des dossiers sensibles comme les reconduites à la frontière ou la coopération sécuritaire restent bloqués.

Dans ce contexte, le rôle de l’Association France Algérie, présidée depuis décembre par Ségolène Royal, apparaît comme un canal informel mais crucial pour maintenir un dialogue.

Un appel pressant au ministre de l’Intérieur

Ségolène Royal a lancé un appel direct à Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur français, invité à se rendre en Algérie par son homologue. « Il est attendu sur place. Poser des conditions préalables revient à refuser le dialogue », a-t-elle insisté.

De son côté, Laurent Nuñez a indiqué attendre des « gestes forts » d’Alger, notamment sur la reprise des expulsions d’Algériens en situation irrégulière et sur le dossier Gleizes.

Cette impasse souligne les défis de la diplomatie bilatérale. Comment concilier fermeté sur les dossiers judiciaires et ouverture politique ? La réponse déterminera l’avenir des relations France Algérie 2026.

Vers une médiation renforcée ?

Avec son statut de présidente de l’AFA et son expérience politique, Ségolène Royal se positionne comme une médiatrice de confiance. Son intervention récente montre que des initiatives en dehors des canaux officiels peuvent parfois créer des brèches dans les relations gelées. L’heure est à l’action, pas seulement aux mots.