Le vélo électrique bat le vélo classique au jeu de l’exercice
Depuis des années, le débat oppose les puristes du pédalage aux adeptes de la technologie : le vélo électrique est-il un outil de fainéant ou un véritable vecteur d’activité physique ? La réponse, venue tout droit des laboratoires de recherche européens, risque de faire grincer quelques dents. Selon plusieurs études menées sur des milliers de cyclistes, les propriétaires de VAE bougent plus, roulent plus loin et accumulent davantage de minutes d’exercice que ceux qui se fient uniquement à la force de leurs jambes. La révolution silencieuse du deux-roues assisté vient de trouver ses preuves scientifiques.
Les chiffres qui démontent le mythe du cycliste paresseux
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Une recherche ambitieuse publiée dans la revue Transportation Research Interdisciplinary Perspectives a suivi 10 722 adultes répartis dans sept grandes métropoles européennes. Les résultats, sans appel, montrent que les trajets effectués en vélo à assistance électrique atteignent en moyenne 9,4 kilomètres, soit presque le double des 4,8 kilomètres parcourus sur un vélo classique. Mais le plus surprenant concerne le volume global d’exercice physique : 4 463 minutes-MET par semaine pour les utilisateurs de VAE contre 4 085 pour les cyclistes traditionnels.
À Utrecht, une autre étude a révélé que les propriétaires de vélos électriques couvrent 70 % de distance en plus que leurs homologues non assistés. Une équipe de l’université de Delft a confirmé cette tendance avec un écart de 43 %. Ces écarts ne s’expliquent pas par une intensité supérieure — bien au contraire — mais par une fréquence et une durée de pratique nettement accrues.
Le secret réside dans la régularité, pas dans l’intensité
Le moteur d’assistance réduit effectivement l’effort instantané : la fréquence cardiaque diminue de 10 à 15 battements par minute et les calories dépensées représentent environ 75 à 80 % de celles brûlées sur un vélo sans moteur. Pourtant, cette intensité modérée présente un avantage décisif : elle permet de rester dans la zone d’effort recommandée par l’Organisation mondiale de la santé — au moins 150 minutes hebdomadaires d’activité modérée — sans jamais atteindre le seuil de l’épuisement.
Le VAE supprime les obstacles invisibles qui découragent tant de personnes : la peur de la transpiration avant une réunion, l’appréhension face aux côtes escarpées, l’angoisse du retour fatigué après une longue journée. Résultat : là où beaucoup auraient opté pour la voiture ou les transports en commun, le propriétaire de vélo électrique sort son deux-roues. Il fait ses courses plus loin, rend visite à des proches éloignés, choisit délibérément des itinéraires pittoresques. L’activité physique s’infiltre naturellement dans le quotidien, sans contrainte, sans souffrance.
Le facteur plaisir : l’ingrédient secret de la régularité
Une étude de 2021 a mis en lumière un phénomène crucial : le ressenti subjectif des utilisateurs de VAE. Les termes « plus facile » et « amusant » reviennent systématiquement dans les témoignages. Cette dimension psychologique explique pourquoi tant de propriétaires de vélos électriques adoptent une pratique régulière, alors que le vélo classique reste souvent au garage après quelques semaines d’enthousiasme.
Quand une activité procure du plaisir, on la répète. Et c’est précisément cette régularité qui transforme le VAE en outil de santé durable. Pour les personnes sédentaires, celles en surpoids ou les seniors, le vélo électrique devient une porte d’entrée accessible vers le mouvement, là où le vélo traditionnel semblait inaccessible.
Transformer son VAE en machine de remise en forme
Posséder un vélo électrique ne suffit pas : l’usage détermine les bénéfices. Voici quelques stratégies éprouvées pour maximiser l’effort sans sacrifier le plaisir :
- Choisir judicieusement les modes d’assistance : privilégier Eco ou Tour au quotidien, réserver Turbo aux pentes extrêmes
- Étendre volontairement ses trajets : ajouter une boucle dans un parc, emprunter une route légèrement vallonnée, rallonger de quelques kilomètres son parcours habituel
- Instaurer une routine : deux trajets domicile-travail de 20 minutes quotidiennes génèrent 200 minutes d’activité physique sur une semaine
- Éviter la tentation du mode maximal sur de courtes distances : l’assistance élevée sur des trajets brefs limite les bénéfices sportifs
Un allié précieux contre la sédentarité
Le vélo électrique excelle particulièrement pour les populations les plus fragiles face à l’inactivité. Pour une personne âgée, le moteur compense la perte de force musculaire sans supprimer l’effort. Pour une personne en surpoids, il permet de bouger sans douleur articulaire excessive. Pour un sédentaire de longue date, il offre une transition douce vers une vie plus active.
Contrairement au vélo classique qui exige une condition physique minimale pour être utilisable au quotidien, le VAE s’adapte à chaque niveau. Il ne juge pas, il n’humilie pas, il encourage. Et c’est précisément cette accessibilité qui en fait un outil de santé publique d’une efficacité redoutable.
Le verdict sans appel de la science
Le débat est clos. Les études scientifiques européennes ont tranché : le vélo électrique génère plus d’exercice physique que le vélo classique. Non pas parce qu’il est plus intense, mais parce qu’il est plus utilisé. Il transforme l’activité en habitude, le déplacement en plaisir, le sport en routine accessible.
La prochaine fois que vous croiserez un cycliste en VAE, souvenez-vous de cette vérité contre-intuitive : derrière ce moteur silencieux se cache peut-être l’athlète le plus assidu de votre quartier. Celui qui bouge tous les jours, qui parcourt des kilomètres sans jamais abandonner, qui a trouvé dans l’assistance électrique la clé de sa régularité. Et dans le monde de l’activité physique, la régularité bat toujours l’intensité.
