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Saint-Denis : Recadrage musclé de David Amiel contre Bally Bagayoko sur le sort des fonctionnaires

Une nouvelle polémique agite la vie politique de la Seine-Saint-Denis. Alors que les élections municipales 2026 viennent tout juste de se conclure, une tension juridique majeure oppose l’État à la nouvelle équipe dirigeante. Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, est intervenu directement pour rappeler à l’ordre le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko.L’enjeu est de taille : il concerne le statut et la sécurité de l’emploi des agents territoriaux. Pourquoi une telle intervention au sommet de l’État ? La réponse réside dans des déclarations controversées suggérant que des fonctionnaires pourraient être écartés pour des raisons idéologiques.

 

Une mise en garde ferme sur l’illégalité des licenciements politiques

Le ton employé par le gouvernement ne laisse place à aucune ambiguïté. Dans un courrier adressé à la municipalité, le ministre a souligné que toute décision visant à écarter un agent pour des motifs politiques serait immédiatement entachée d’illégalité. Une telle mesure pourrait non seulement être suspendue, mais aussi annulée par le juge administratif.

David Amiel a été plus loin dans son analyse des risques encourus par la mairie. Selon lui, de telles mobilités forcées d’agents territoriaux pourraient relever du harcèlement moral. Pire encore, ces actions pourraient constituer de possibles infractions pénales en matière de discrimination. Le message est clair : la loyauté envers l’institution ne doit jamais se confondre avec une adhésion partisane ou un alignement idéologique.

La défense du maire : une « mobilité naturelle » ?

Interrogé sur CNews, Bally Bagayoko avait pourtant tenté de justifier sa position. Il avait déclaré que les fonctionnaires répondent avant tout à une commande politique. Selon ses mots, ceux qui ne seraient pas en phase avec le nouveau projet politique « partiraient forcément ».

Le maire LFI a tenté de minimiser la portée de ses propos en expliquant qu’il ne s’agirait pas de les mettre dehors, mais d’organiser une mobilité qu’il qualifie de « complètement naturelle ». Une argumentation qui se heurte frontalement au principe de neutralité de la fonction publique.

Tensions sur la police municipale et départs massifs

Au-delà de la guerre des mots, la réalité du terrain commence à montrer des signes de friction. Mardi sur France 2, le nouveau premier édile de la ville avait également évoqué un processus de « désarmement » de la police municipale. Il avait précisé que cette mesure concernerait le lanceur de balles de défense (LBD), tandis que les armes à feu resteraient entre les mains des agents.

L’objectif affiché est de conserver une police de proximité forte tout en maintenant les effectifs. Cependant, les chiffres qui circulent au sein de l’ancienne administration suggèrent une réalité plus complexe. Une source interne révèle qu’il y a déjà eu 90 demandes de mutation au sein de la police municipale, accompagnées de nombreux départs dans le reste de l’administration.

Les enjeux du droit administratif et de la gestion des ressources humaines

Cette affaire met en lumière la complexité de la gestion des ressources humaines mairie dans un contexte de changement de majorité. Le contrôle de légalité préfecture sera sans doute vigilant dans les mois à venir. En effet, le statut de la fonction publique protège strictement les agents contre l’arbitraire politique.

Alors que Bally Bagayoko savoure son élection, la question du pouvoir de police du maire et de ses limites juridiques devient centrale. La distinction entre volonté politique et respect du droit administratif sera le véritable test de cette nouvelle mandature à Saint-Denis.