Chauffeur, sécurité, avantages… la fin d’une ère pour les anciens ministres
Depuis le 1er janvier 2026, les anciens Premiers ministres et ex-ministres de l’Intérieur ne bénéficient plus d’un chauffeur personnel ni d’une protection policière à vie. Une décision forte, motivée par la nécessité de faire des économies budgétaires et de réaffecter des forces de l’ordre vers des missions jugées prioritaires. Pour certains, comme Daniel Vaillant, cela signifie repenser toute leur mobilité quotidienne.
Qui est concerné par cette suppression ?
Quatorze anciens Premiers ministres étaient encore couverts par ces dispositifs en 2025. Désormais, seuls deux d’entre eux conservent une sécurité exceptionnelle : Bernard Cazeneuve, en raison de son rôle lors des attentats de 2015, et Manuel Valls, régulièrement menacé pour ses positions sur la laïcité et l’islamisme radical.
Tous les autres voient leurs avantages post-mandat fortement réduits. La protection temporaire est désormais plafonnée : trois ans après la fin du mandat pour les ex-Premiers ministres, deux ans pour les anciens ministres de l’Intérieur.
Quel coût représentait ce système ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2024, le ministère de l’Économie a dépensé 1,58 million d’euros pour les voitures avec chauffeur réservées aux anciens chefs de gouvernement. Le ministère de l’Intérieur, quant à lui, a alloué près de 3 millions d’euros à leur sécurité rapprochée.
Ces ressources humaines — 24 chauffeurs et 24 officiers — sont désormais redéployées. Leur nouvelle mission ? Lutter contre le narcotrafic, un fléau en pleine expansion sur le territoire national.
Et Daniel Vaillant, dans tout ça ?
À 76 ans, l’ancien ministre de l’Intérieur sous Lionel Jospin n’a pas conduit depuis 25 ans. « Mes proches m’ont demandé d’arrêter », explique-t-il. Sans permis actif et sans chauffeur, ses déplacements deviennent un casse-tête. « C’est un changement de vie », reconnaît-il, tout en soulignant : « Je n’ai jamais été pour les privilèges. »
Son témoignage illustre la tension entre principe d’égalité et besoins concrets liés à l’âge, à la santé ou à l’histoire personnelle.
Pourquoi cette réforme maintenant ?
En période de rigueur budgétaire, les avantages des élus sont passés au crible. Cette mesure vise à restaurer la confiance des citoyens, souvent choqués par les privilèges perçus comme excessifs. Elle s’inscrit aussi dans une logique de modernisation : la sécurité des anciens responsables doit désormais être proportionnelle au risque réel, non automatique.
