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APL, RSA, allocations : ces aides sociales menacées de suspension dès 2026

Une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale pourrait bouleverser le quotidien de milliers de foyers. En cas de condamnation pour violences lors de rassemblements publics, le RSA, les APL ou encore les allocations familiales pourraient être suspendus pendant un an. Derrière cette mesure, une logique simple mais explosive : faire payer les « casseurs » là où ça fait mal — dans leur portefeuille. Mais à quel prix pour les familles ?

Un texte porté par la Droite républicaine

C’est le député Corentin Le Fur qui a mis en lumière cette initiative dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Droite républicaine. Prévu pour le 22 janvier 2026, le vote intervient après plusieurs épisodes de débordements urbains, notamment lors des célébrations du sacre européen du PSG en mai 2025. L’élu insiste : il ne s’agit pas d’exclure, mais de « rétablir un lien entre droits et devoirs ».

Les aides visées par la suspension

Le texte liste précisément les prestations concernées :

  • Le Revenu de solidarité active (RSA)
  • Les aides au logement (APL, ALF, ALS)
  • Les allocations familiales
  • MaPrimeRénov
  • Les bourses scolaires et universitaires
  • L’aide à la mobilité professionnelle

Toutes ces aides sont attribuées sous conditions de ressources. Leur retrait temporaire — limité à 12 mois maximum — vise à instaurer une sanction proportionnée, mais efficace.

Pourquoi cette mesure suscite-t-elle autant de tensions ?

Derrière l’idée de responsabilisation se cache un risque réel : pénaliser des proches innocents. Si un parent est condamné, ses enfants perdront-ils automatiquement leur allocation de rentrée scolaire ? Un conjoint sans lien avec les faits verra-t-il son loyer grimper du jour au lendemain ? Ces questions inquiètent les associations, qui redoutent une précarisation accrue des ménages déjà fragiles.

Un calendrier serré, un enjeu national

Le débat aura lieu à Paris, au Palais Bourbon, le 22 janvier 2026. À l’heure où le coût de la vie ne cesse d’augmenter, cette proposition arrive dans un contexte tendu. Pour ses partisans, elle incarne une justice sociale inversée : ceux qui détruisent ne devraient pas bénéficier de l’aide publique. Pour ses critiques, elle instrumentalise la pauvreté et brouille la frontière entre sanction pénale et protection sociale.

Quel impact réel sur votre budget mensuel ?

Pour un allocataire du RSA avec deux enfants en zone tendue, la perte combinée de l’APL (environ 300 €), du RSA (500 €) et des allocations familiales (130 €) représente près de 1 000 € par mois. Même temporaire, une telle coupure peut plonger un foyer dans l’insécurité alimentaire ou le surendettement. C’est pourquoi ce texte, bien qu’encadré, soulève des questions éthiques et juridiques majeures.