Électricité : la facture va légèrement baisser dès février, mais attention aux illusions
À partir du 1er février 2026, tous les foyers français verront leur abonnement électrique diminuer. Une bonne nouvelle, certes — mais à relativiser. Annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, cette mesure promet une économie moyenne de 10 euros par an. De quoi offrir un peu de répit, sans transformer le quotidien.
Une baisse technique, pas une révolution tarifaire
Contrairement à ce que l’on pourrait espérer, il ne s’agit pas d’une réduction sur le prix du kilowattheure, mais uniquement sur la partie fixe de la facture : l’abonnement mensuel. Cette composante, souvent oubliée, varie selon la puissance du compteur (en kVA) et le type de contrat choisi.
Le prix de l’abonnement de tous les contrats de fourniture d’électricité baisse au 1er février 2026.
540 millions d’euros sont rendus au pouvoir d’achat des Français grâce à une baisse de 25 % de la Contribution tarifaire d’acheminement que vient d’annoncer le Ministre Roland…
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) January 3, 2026
La réduction de 5 % découle d’un ajustement réglementaire : la Contribution tarifaire d’acheminement (CTA) recule de 25 %. Résultat : près de 540 millions d’euros réinjectés dans le pouvoir d’achat des ménages, selon le gouvernement.
EDF, Engie, ou fournisseur alternatif : tout le monde est concerné
Peu importe votre fournisseur d’électricité. La mesure s’applique à l’ensemble des contrats, y compris au Tarif Bleu d’EDF, encore utilisé par des millions de foyers. Pour une installation standard de 6 kVA, l’abonnement passera ainsi de 15,47 € à environ 14,70 € par mois en option base.
Pour les consommateurs en heures pleines/heures creuses, l’économie sera identique en proportion, mais légèrement plus élevée en valeur absolue.
Professionnels : des gains bien plus substantiels
Si les particuliers ne verront qu’un léger allègement, certains professionnels bénéficieront d’un véritable coup de pouce. Les artisans, les boulangers ou les petites entreprises pourraient économiser jusqu’à 200 euros par an, selon leur consommation et leur puissance souscrite.
Un premier pas dans une stratégie énergétique plus large
Sébastien Lecornu ne cache pas que cette mesure n’est qu’un jalon. Dès les prochaines semaines, le gouvernement dévoilera un plan national d’électrification des usages, destiné à moderniser les infrastructures, encourager les pompes à chaleur, les véhicules électriques et les rénovations thermiques.
« Il n’y a pas de formule magique », rappelle avec franchise le ministre de l’Économie, Roland Lescure. Mais chaque euro compte — surtout quand l’inflation énergétique reste dans tous les esprits.
Une mesure « evergreen » à suivre année après année
Contrairement aux subventions ponctuelles, ce type de modification tarifaire peut être actualisé régulièrement. En 2027, une nouvelle révision de la CTA pourrait offrir une nouvelle baisse — ou, à l’inverse, une hausse. Une raison de garder un œil vigilant sur sa facture d’électricité, même quand les annonces rassurent.
