Clavier tranche net : “Delon ? Jamais drôle, même une seconde”
Christian Clavier ne fait pas dans la dentelle. Alors que le cinéma français continue de célébrer la mémoire d’Alain Delon, disparu en août 2024, l’acteur des Visiteurs assène un jugement sans appel : selon lui, la légende n’a jamais eu le sens du rire. Une déclaration qui relance le débat sur les frontières entre drame, prestige… et comédie.
Une critique formulée en pleine promo de “Le Routard”
Lors d’un entretien avec Brut en janvier 2026, Christian Clavier évoquait d’abord avec enthousiasme Pierre Niney, dont la performance dans la série Fiasco l’avait marqué. “Il est très bon en comédie”, affirmait-il, ouvrant la porte à une future collaboration.
Mais la conversation a vite pris un tour plus polémique. Interrogé sur les acteurs qu’il juge peu aptes au registre comique, il n’a pas hésité : “Delon ne m’a jamais fait beaucoup rire.” Puis, plus crûment : “Jamais drôle, même une seconde.”
Delon, roi du drame, étranger à la farce
La remarque, si elle surprend, correspond à une réalité filmographique. Alain Delon a construit sa carrière sur des rôles intenses, froids, souvent tragiques — de La Piscine à Le Samouraï. Le rire n’était pas son terrain de jeu.
Sa seule tentative notable en comédie reste son rôle de César dans Astérix aux Jeux olympiques (2008), une prestation plus caricaturale qu’humoristique. Et surtout, un film où Christian Clavier, pour des raisons de casting, n’incarnait même pas Astérix.
“Le narcissisme tue la comédie”, affirme Clavier
Pour l’interprète d’Obélix, la capacité à faire rire repose sur une forme de vulnérabilité. “Les gens très branchés sur leur narcissisme, c’est très compliqué pour eux la comédie”, explique-t-il. Une analyse subtile, mais clairement dirigée.
Dans cette optique, Alain Delon — symbole de beauté froide, de contrôle absolu, d’image soignée — incarnerait presque l’antithèse du comédien populaire.
Un franc-parler assumé, loin des conventions parisiennes
Aujourd’hui installé en Belgique, Christian Clavier semble avoir pris ses distances avec les codes du milieu du cinéma. Il parle librement, sans filtre, comme lors de son passage dans C à vous en septembre 2025, où il défendait l’usage de l’intelligence artificielle pour recréer des performances d’acteurs.
Ce détachement lui permet d’exprimer des vérités dérangeantes — ou du moins, perçues comme telles. Mais dans un monde où l’hommage posthume devient souvent rituel, sa franchise détonne.
Et si le vrai débat portait sur les genres ?
Derrière la provocation se cache une question légitime : doit-on exiger d’un acteur dramatique qu’il soit aussi comique ? La réponse de Clavier est claire : non, mais alors, ne prétendez pas au titre de “monstre sacré” dans tous les domaines.
Car dans l’univers de la comédie, seul le rire juge. Et selon Christian Clavier, Alain Delon n’a jamais passé l’épreuve.
