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Tempête médiatique : Morandini quitte CNews, Sonia Mabrouk démissionne

Le paysage audiovisuel français est secoué par une crise sans précédent. Jean-Marc Morandini, animateur vedette de CNews, quitte l’antenne ce lundi 9 février 2026, mettant fin à des semaines de tensions internes et de controverses publiques. Cette décision intervient dans le sillage de la démission fracassante de Sonia Mabrouk, qui a refusé de continuer à travailler aux côtés d’un animateur définitivement condamné pour corruption de mineurs. Une affaire qui dépasse largement le cadre d’une simple querelle interne et qui interroge profondément l’éthique médiatique en France.

Le communiqué de Jean-Marc Morandini : un retrait « nécessaire »

« Je regrette profondément de devoir prendre cette décision mais je pense qu’elle est indispensable pour retrouver le calme et la sérénité. » Ces mots, publiés sur X en début de journée, marquent la fin d’un maintien à l’antenne devenu insoutenable. Jean-Marc Morandini explique avoir « proposé à la direction de CNews de se retirer de l’antenne afin de rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction ».

L’animateur de 60 ans, malgré le soutien initial de la direction du groupe Canal+, reconnaît implicitement que sa présence constituait un poison pour l’unité de la chaîne. Un poison qui a finalement poussé l’une de ses figures les plus respectées à claquer la porte.

Sonia Mabrouk : le départ qui a tout déclenché

Vendredi 6 février 2026. Sonia Mabrouk annonce son départ de CNews. Une décision mûrement réfléchie, motivée par son refus catégorique de partager les plateaux avec Jean-Marc Morandini après sa condamnation définitive. La journaliste maintient néanmoins sa collaboration avec Europe 1, signe que son geste vise spécifiquement la politique éditoriale de CNews.

Ce départ a constitué le point de non-retour pour la direction de la chaîne. Comment maintenir un animateur condamné lorsque l’une de vos voix les plus influentes quitte en signe de protestation ? La question devenait impossible à ignorer.

La condamnation judiciaire : un poids impossible à porter

Une affaire vieille de plus de dix ans

L’enquête remonte à plus d’une décennie. Elle concerne des échanges de messages entre Jean-Marc Morandini et des adolescents dans le cadre de castings pour des émissions de télé-réalité. Des faits qui, selon la justice, constituent de la corruption de mineurs.

La confirmation en appel : mars 2025

La cour d’appel de Paris condamne l’animateur à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Une peine lourde, qui marque un tournant dans cette affaire médiatique.

La Cour de cassation : 14 janvier 2026

C’est le coup fatal. La Cour de cassation confirme la condamnation, la rendant définitive et irrévocable. Jean-Marc Morandini n’a plus aucun recours possible dans ce dossier.

Renoncement au second pourvoi : fin janvier 2026

Dans un communiqué public, l’animateur annonce renoncer à contester un second dossier de harcèlement sexuel. Il présente ses excuses et demande une « seconde chance ». Un geste tardif, jugé insuffisant par de nombreux observateurs.

Les tensions internes à CNews

Au sein des couloirs de CNews, le climat était devenu délétère. Plusieurs personnalités de la chaîne avaient exprimé, plus ou moins ouvertement, leur désaccord avec le maintien de Morandini :

  • Pascal Praud : critiques voilées dans ses chroniques
  • Laurence Ferrari : silence éloquent sur le sujet
  • Philippe de Villiers : prises de position indirectes

Ces dissensions internes affaiblissaient la cohésion de la rédaction et alimentaient les spéculations dans les médias concurrents.

Pressions politiques : le RN et LR montent au créneau

L’affaire a rapidement pris une dimension politique. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a appelé les élus de son parti à boycotter l’émission de Morandini. Une position ferme, qui reflète l’intransigeance du parti sur les questions de mœurs.

Le 9 février au matin, quelques heures avant l’annonce du départ de Morandini, François-Xavier Bellamy, figure montante des Républicains, a réitéré cette demande sur les ondes d’Europe 1. Une pression supplémentaire sur la direction de CNews et du groupe Canal+, coincée entre fidélité à l’un de ses animateurs vedettes et préservation de sa crédibilité éditoriale.

Conséquences et perspectives pour CNews

Cette crise ouvre plusieurs chantiers majeurs pour la chaîne d’information :

  • Réorganisation de la grille des programmes : qui remplacera Morandini dans ses cases horaires ?
  • Impact sur l’audience : les téléspectateurs fidèles à l’animateur resteront-ils ?
  • Crédibilité éditoriale : comment reconstruire la confiance après cette crise ?
  • Précédent juridique et éthique : quel statut pour les personnalités médiatiques condamnées ?

Cette affaire pourrait marquer un tournant dans les pratiques de l’audiovisuel français. À l’heure où les standards éthiques sont de plus en plus scrutés, le maintien à l’antenne de personnalités condamnées devient un pari risqué, tant sur le plan réputationnel que commercial.

Un débat qui dépasse CNews

La crise de CNews interroge l’ensemble du secteur audiovisuel. Comment concilier présomption d’innocence, responsabilité éditoriale et attentes du public ? Quels critères doivent guider les directions de chaînes lorsqu’un de leurs animateurs est condamné ?

Ces questions restent sans réponse définitive. Mais une chose est sûre : l’affaire Morandini restera comme un cas d’école dans l’histoire des médias français, illustrant les tensions croissantes entre justice, éthique et logiques médiatiques.