Libéré après 20 ans de prison pour le meurtre d’un enfant, il est abattu en pleine rue
Le 14 décembre 2025, à Sinop, une ville du centre du Brésil, Joao Ferreira da Silva marchait librement pour la première fois depuis deux décennies. Condamné à 42 ans de réclusion pour le viol et le meurtre de Bruno Aparecido dos Santos, un garçon de 9 ans, il bénéficiait d’un régime semi-ouvert : sortir le jour, dormir en prison la nuit. Quelques heures seulement après avoir quitté un hôtel local, il a été exécuté par des hommes armés, cagoulés, filmés en train de l’entraîner puis de lui tirer dessus à bout portant. Une scène digne d’un règlement de comptes — et qui interroge profondément sur les limites de la justice et la soif de vengeance d’une société meurtrie.
Le crime qui a choqué le Brésil
En 2005, le nom de Joao Ferreira da Silva est devenu synonyme d’horreur. Ancien maçon, il a attiré Bruno sur un chantier désert, l’a agressé, puis assassiné. Le corps du petit garçon a été enterré à proximité, rapidement retrouvé. L’émotion a été immédiate : des centaines de citoyens ont tenté d’envahir le commissariat pour le lyncher. La colère était telle que la police a dû renforcer la sécurité autour du suspect.
Pour ce crime, Ferreira da Silva a été condamné à 42 ans — une peine sévère, mais insuffisante aux yeux de beaucoup.
Une libération qui a tout déclenché
Malgré la gravité de ses actes, le système pénitentiaire brésilien lui a accordé un aménagement de peine. Sorti du pénitencier Osvaldo Florentino Leite, il pouvait circuler librement en journée. C’est dans ce laps de temps, entre midi et le crépuscule, qu’il a trouvé la mort. Les images de vidéosurveillance montrent une opération froide, organisée, presque militaire : un homme retient les témoins à l’entrée de l’hôtel, tandis que deux autres exécutent la sentence.
La police enquête, mais aucun arrestation n’a encore eu lieu. L’hypothèse d’une vengeance orchestrée par des proches de la victime, ou même par des citoyens anonymes, est sérieusement envisagée.
« Justice a été rendue, mais trop tard »
Josiana da Silva, la mère de Bruno, n’a pas caché son sentiment partagé. « Mon fils est mort, et rien ne le ramènera », a-t-elle dit à une chaîne locale. « Mais je suis soulagée qu’il ne puisse plus nuire à aucun autre enfant. »
Elle a aussi évoqué la douleur de l’avoir affronté en tribunal : « J’y suis allée par devoir. Mais j’en suis ressortie avec une haine si forte que j’ai eu envie de le tuer moi-même. » Un aveu brutal, qui résonne comme un miroir de ce qui s’est joué dans la rue de Sinop.
Quand la justice institutionnelle perd la confiance du public
Ce drame met en lumière une fracture croissante entre la justice officielle et la justice populaire. Dans un pays où les crimes sur mineurs suscitent une indignation massive, les mécanismes de réinsertion apparaissent souvent comme des failles inacceptables. Surtout lorsqu’ils concernent des condamnés pour meurtre d’enfant.
L’affaire Ferreira da Silva risque de relancer les appels à durcir les peines, voire à abolir le régime semi-ouvert pour les pires criminels. Mais elle pose aussi une question éthique : peut-on laisser la vengeance remplacer la loi, même quand la loi semble faillir ?
