Épargne menacée en 2026 ? Ce que cache la prétendue “taxe Lecornu”
Qui parle de taxe, et sur quoi exactement ?
L’origine de la rumeur vient d’une évolution réelle mais ciblée : en 2026, certains revenus du capital voient leurs prélèvements sociaux légèrement augmenter, dans le cadre du financement de la politique de l’autonomie. Le taux global du PFU peut ainsi atteindre 31,4 % pour des placements comme les dividendes ou les intérêts de comptes-titres.
Mais cette mesure ne concerne ni le Livret A, ni le LDDS, ni même la majorité des contrats d’assurance-vie. Elle s’applique uniquement aux produits déjà soumis à l’impôt sur le revenu.
Livret A : toujours défiscalisé, mais moins attractif
Le taux du Livret A a été abaissé à 1,5 % au 1er février 2026. Une décision basée sur la formule légale de calcul, qui tient compte de l’inflation et des taux directeurs européens. Cette baisse n’est pas une taxe — elle ne modifie aucun prélèvement fiscal.
Pourtant, elle pèse sur le pouvoir d’achat réel de l’épargne. C’est ce ressenti — un rendement en chute libre — qui alimente la colère, même si juridiquement, rien n’a changé sur le plan fiscal.
Assurance-vie : un géant sous surveillance, mais pas attaqué
Avec un encours de plus de 2 100 milliards d’euros, l’assurance-vie reste un pilier de la stabilité financière des ménages. En 2026, aucun texte ne vient alourdir sa fiscalité globale. Les règles restent celles définies depuis des années : abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) après huit ans, barème progressif, et prélèvements sociaux à 17,2 %.
Seuls les contrats investis en unités de compte — et générant des plus-values imposables — peuvent être affectés par la légère hausse du PFU. Mais cela ne touche qu’une minorité de détenteurs.
Pourquoi la confusion persiste
Le mot “livrets” est utilisé sans précision. Or, seuls les livrets bancaires non réglementés entrent dans le champ du PFU. Le grand public, lui, pense immédiatement au Livret A — symbole de sécurité et d’exonération totale.
Cette imprécision, volontaire ou non, transforme une réforme technique en alerte nationale. Dans un contexte de déficit public et de tension budgétaire, chaque modification fiscale devient suspecte. Et pourtant, l’État maintient clairement : les impôts des ménages ne seront pas augmentés en 2026.
Le vrai enjeu : la confiance dans l’épargne
Plus que les centimes perdus, c’est la perception d’un État qui “chipote” sur les marges qui inquiète. Baisser les taux, ajuster les prélèvements sociaux… ces mesures discrètes évitent les débats frontaux, mais érodent la confiance.
En 2026, votre épargne n’est pas taxée davantage — du moins, pas celle que vous utilisez au quotidien. Mais la prochaine fois ? Personne ne peut le garantir. Et c’est là que réside le véritable risque.
