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Janvier 1997 : le mois où le froid a gelé la France

Imaginez un hiver si intense que les rivières gèlent, les trains ne circulent plus, et les routes se transforment en parkings à ciel ouvert. Ce n’est pas un scénario de film — c’est ce qu’ont vécu des millions de Français en janvier 1997. Un mois à jamais gravé dans la mémoire collective, où la nature a imposé ses lois avec une rare brutalité.

Un début d’année sous zéro degré

Le 1er janvier 1997, la température moyenne nationale plonge à -7,4°C. Météo-France le confirme : c’est l’un des débuts d’année les plus froids jamais enregistrés. Même la récente vague de froid de fin 2025, avec ses -3,9°C le 31 décembre, n’atteint pas cette extrémité.

À Troyes, le thermomètre affole les compteurs : -23°C. Lyon, Annecy, Grenoble — toutes ensevelies sous des centimètres de neige. Certains endroits voient tomber jusqu’à 29 cm en quelques jours. Ce n’est plus seulement de l’hiver. C’est un événement climatique exceptionnel.

L’air arctique s’installe… et ne repart pas

Un flux glacial en provenance de Russie s’engouffre en France dès la fin décembre 1996. Il reste bloqué sur la moitié nord du pays pendant près de deux semaines. Résultat ? Des températures maximales négatives en plein après-midi. Une absence totale de dégel. Et une couverture neigeuse qui ne fond pas.

À Angers, la neige tient au sol 19 jours d’affilée. Près de Dunkerque, la mer elle-même gèle partiellement, formant une banquise inédite depuis plus de dix ans. Même la Loire, symbole de la douceur de la vallée, se transforme en rivière de glace.

Le pays à l’arrêt

La SNCF subit l’un de ses pires cauchemars hivernaux. Les caténaires gèlent, les trains s’arrêtent net. Des milliers de voyageurs restent bloqués, sans information, sans chauffage. Le réseau ferroviaire devient impraticable.

Sur les routes, c’est pire. Sur la nationale 7, 5 000 voitures s’immobilisent entre Valence et Montélimar. Certains mettent une journée entière pour avancer de quelques kilomètres. Le trafic routier s’effondre sous le poids du verglas.

Un hiver qui résonne encore aujourd’hui

Pourquoi janvier 1997 hante-t-il encore les archives météo ? Parce qu’il combine durée, intensité et impact humain. Il ne s’agit pas seulement de records, mais de vies perturbées, de foyers sans électricité, d’entreprises paralysées.

Dans un monde où les hivers doux s’enchaînent, ce froid brutal rappelle une vérité simple : la France n’est jamais à l’abri d’un retour du grand froid. Et quand il frappe, il frappe fort.