« Impossible de me mettre à dos la Bollosphère » : Rachida Dati ébranle le pacte politique-médias dans l’affaire Morandini
La condamnation définitive qui a déclenché la tempête
Le 14 janvier 2026, la Cour de cassation rend définitive la condamnation de Jean-Marc Morandini à deux ans de prison avec sursis pour corruption de mineurs. Un verdict sans appel, huit ans après les faits. Pourtant, la direction de CNews décide de maintenir l’animateur à l’antenne. Une décision qui provoque immédiatement un tollé. Des associations de protection de l’enfance, des personnalités politiques et même des journalistes internes à la chaîne dénoncent ce choix comme une atteinte à l’éthique médiatique.
Un retrait orchestré sous pression
Face à la multiplication des critiques, Jean-Marc Morandini annonce le 9 février 2026 sur X son retrait volontaire : « J’ai proposé ce jour à la direction de CNews de me retirer de l’antenne afin de rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction. » Un départ présenté comme un geste de responsabilité, mais qui intervient après des semaines de pression médiatique et politique. La direction de la chaîne « prend acte » de cette décision sans commentaire supplémentaire.
Les fractures internes à CNews : quand les journalistes démissionnent
L’affaire Morandini révèle des tensions profondes au sein même de la chaîne d’information. Sonia Mabrouk, journaliste vedette de CNews, présente officiellement sa démission après le maintien initial de l’animateur condamné. Sur les plateaux, plusieurs invités osent publiquement appeler au départ de Morandini, accentuant la pression sur la direction. Ces départs symbolisent un malaise croissant chez les professionnels confrontés au dilemme entre ligne éditoriale et éthique journalistique.
Rachida Dati et la « Bollosphère » : une phrase qui en dit long
C’est dans ce contexte explosif que le nom de Rachida Dati surgit. Selon des sources citées par Libération, la ministre de la Culture aurait été sollicitée pour condamner publiquement la décision de CNews. Sa réponse présumée — « Impossible pour moi de me mettre à dos la Bollosphère » — n’a pas été confirmée officiellement. Mais ces propos, rapportés au conditionnel, alimentent les interrogations sur les rapports de force entre responsables politiques et groupes médiatiques puissants.
Qu’est-ce que la « Bollosphère » ?
Le terme désigne l’influence croisée du groupe Bolloré — propriétaire de CNews, de Valeurs Actuelles et d’autres médias — sur le débat public et les décisions politiques. Vincent Bolloré, figure tutélaire de ce groupe industriel et médiatique, entretient des relations complexes avec plusieurs courants politiques français. L’usage de ce néologisme par une ministre en exercice, même rapporté indirectement, soulève des questions sur la porosité entre sphère politique et pouvoir médiatique.
Au-delà de l’affaire Morandini : un débat structurel sur l’indépendance médiatique
L’affaire dépasse largement le cas individuel de Jean-Marc Morandini. Elle interroge les mécanismes de pression médiatique politique en France et la capacité des responsables publics à résister aux influences des grands groupes de presse. Alors que d’autres démocraties européennes débattent de la concentration médiatique, ce cas français illustre les défis contemporains de la liberté d’expression face aux intérêts économiques et politiques entremêlés.
Pourquoi cette polémique résonne en 2026
Dans un contexte de défiance croissante envers les médias et les institutions, l’affaire Morandini devient un révélateur des attentes citoyennes en matière de transparence. Le public exige désormais que les décisions éditoriales respectent non seulement la loi, mais aussi l’éthique. Et que les responsables politiques assument leurs positions sans calculs tactiques face aux puissances médiatiques.
