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Tragédie à Crans-Montana : le bilan lourd d’un incendie de Nouvel An

Une nuit censée scintiller de promesses s’est muée en scène de désolation. À Crans-Montana, dans les Alpes suisses, un incendie d’une violence inouïe a ravagé le bar Le Constellation dans les premières heures de 2026. Le bilan humain est accablant : près de 40 morts et plus de 115 blessés, dont de nombreux jeunes grièvement brûlés. Ce drame marque l’une des pires catastrophes civiles de l’histoire récente de la Suisse.

Quand et comment le feu a pris

 

Vers 1 h 30 du matin, un témoin extérieur aperçoit de la fumée épaisse s’échapper du bâtiment. L’alerte est donnée immédiatement. En quelques minutes, une alarme rouge est déclenchée. Pompiers, police, gendarmerie et ambulances convergent vers le centre du village. L’incendie, fulgurant, a piégé les fêtards à l’intérieur d’un espace clos, bondé à cette heure festive.

L’embrasement généralisé a provoqué une déflagration spectaculaire – mais celle-ci n’était pas à l’origine du sinistre. Elle en fut la conséquence. La station de ski, habituellement synonyme d’évasion et de joie, devient soudainement lieu de deuil, de chaos, et d’urgence absolue.

Enquête en cours : ni attentat, ni suspect


Le Ministère public du Valais a ouvert une enquête pénale. La procureure générale Béatrice Pilloud a formellement exclu tout acte terroriste. « Nous n’avons arrêté personne. Nous n’avons aucun suspect », a-t-elle précisé. Les causes exactes restent inconnues, bien que des rumeurs évoquent des engins pyrotechniques ou un défaut de sécurité dans l’établissement.

Pour l’heure, la piste de l’accident collectif est privilégiée. L’identification des victimes, complexe en raison de l’état des corps, représente la priorité des autorités. Elle pourrait s’étendre sur plusieurs jours, impliquant des analyses ADN et une coordination internationale.

Une réponse sanitaire et politique sans précédent

Les hôpitaux sont sous pression. Soixante patients sont stabilisés à Sion. Vingt-deux victimes en état critique ont été transférées au CHUV à Lausanne, référence nationale en soins pour brûlures graves. Zurich accueille également plus d’une douzaine de cas sévères. Ces centres spécialisés sont rares en Suisse – leur mobilisation immédiate a sauvé des vies.

Le gouvernement valaisan a activé l’état de situation particulière, un cadre d’urgence permettant de déployer des ressources exceptionnelles. « C’est un drame sans précédent pour le Valais », a reconnu le conseiller d’État Stéphane Ganzer, appelant à la retenue, au respect et à la solidarité face à l’horreur.

La Suisse unie dans le deuil

Le président de la Confédération, Guy Parmelin, a renoncé à ses vœux traditionnels. « Aujourd’hui, la Suisse est triste, mais aussi unie de cœur », a-t-il déclaré, visiblement ému. Les drapeaux flotteront en berne cinq jours au Palais fédéral. Une messe à Montana-Station a réuni 400 personnes en silence et prière.

Le Département fédéral des affaires étrangères collabore avec les ambassades de France, d’Italie et d’Allemagne, pays d’origine de plusieurs victimes. « Vous n’êtes pas seuls », a assuré Guy Parmelin aux survivants. Derrière chaque chiffre, il y a une histoire, une famille brisée, un avenir anéanti.

Dans cette épreuve, la Suisse ne se contente pas de compter les morts. Elle pleure, elle soigne, elle protège – et elle résiste, ensemble.