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Incendie de Crans-Montana : le mystère autour du propriétaire du bar Le Constellation s’épaissit

Une nuit de réveillon transformée en cauchemar. À Crans-Montana, dans les Alpes suisses, un incendie dévastateur a emporté quarante vies et laissé des dizaines de familles brisées. Mais au-delà des flammes, c’est le profil du propriétaire du bar Le Constellation qui attire désormais l’attention des enquêteurs — et du public.

Un brasier alimenté par des matériaux dangereux ?

Les flammes se sont propagées en quelques minutes. Trop vite, selon les secours. La procureure du Valais évoque un embrasement généralisé causé par l’interaction entre des bougies allumées et une isolation acoustique inflammable fixée au plafond. Une hypothèse qui soulève une question cruciale : l’établissement respectait-il les normes anti-incendie suisses ?

Jacques Moretti, le gérant, affirme que son bar a été inspecté trois fois en dix ans. Pourtant, un contrôle ponctuel ne garantit pas une sécurité continue — surtout dans un lieu bondé en pleine nuit de Nouvel An.

Un casier judiciaire ancien, mais préoccupant

Le nom de Jacques Moretti ne figurait pas dans les radars médiatiques… jusqu’à présent. Des archives judiciaires françaises révèlent qu’il a été condamné dans les années 1990 pour proxénétisme. Plus récemment, il aurait purgé une peine de prison pour escroquerie aggravée, enlèvement et séquestration.

Ces faits, bien qu’antérieurs, relancent le débat sur les contrôles de moralité pour gérer des établissements recevant du public. Rien ne lie directement ces affaires à l’incendie, mais elles brouillent la transparence attendue en temps de crise.

Victimes transférées à travers l’Europe

Sur les 119 blessés, la majorité est toujours en soins intensifs à Lausanne. Beaucoup souffrent de brûlures graves et de complications respiratoires. “Il fallait stabiliser la fonction cardiaque, la pression, puis organiser des rapatriements selon les nationalités”, explique le Dr. Olivier Pantet, spécialiste des grands brûlés.

Des patients sont transférés vers la France, l’Italie, la Belgique et l’Allemagne — une opération de solidarité transfrontalière rare, reflétant l’ampleur du drame.

Un couple libre de quitter la Suisse

Interrogés comme témoins, Jacques Moretti et son épouse n’ont fait l’objet d’aucune restriction judiciaire. Leur résidence secondaire sur la Côte d’Azur leur permet de quitter le territoire à tout moment. Une liberté légale, mais qui alimente les doutes dans l’opinion publique.

L’enquête, désormais supervisée par le Ministère public valaisan, devra déterminer s’il y a eu faute pénale, négligence criminelle, ou simple tragédie. La vérité, elle, mettra du temps à émerger des cendres.