Incendie meurtrier à Crans-Montana : les aveux troublants du patron du Constellation
La nuit du 31 décembre 2025 devait être une célébration. Elle est devenue une tragédie. À Crans-Montana, un incendie a ravagé le bar Le Constellation, emportant la vie de quarante personnes et laissant des centaines de familles dévastées. Dans ce chaos, une voix s’élève : celle de Jacques Moretti, le gérant de l’établissement. Pour la première fois, il parle. Et ses mots, bien que chargés de douleur, ouvrent autant de brèches que de réponses.
Quand la fête tourne au drame
Le feu a pris dans le sous-sol du bar, probablement enflammé par des feux de Bengale utilisés pour marquer le passage à 2026. Selon les enquêteurs suisses, ces dispositifs pyrotechniques auraient été trop près d’un plafond recouvert de mousse phonique — un matériau léger, courant, mais hautement inflammable.
En quelques secondes, la panique s’est emparée des lieux.
Les sorties de secours, étroites ou mal signalées, n’ont pas permis une évacuation rapide. Le bilan : 40 morts, plus de 100 blessés, dont plusieurs jeunes Français. Le drame, survenu dans une des stations les plus prisées du Valais, interpelle bien au-delà de la Suisse.
Jacques Moretti : un passé judiciaire qui ressurgit
Originaire de Corse, Jacques Moretti vit en Suisse avec son épouse Jessica. Le couple dirigeait Le Constellation depuis plusieurs années. Mais derrière l’image d’un patron de bar affable, un passé judiciaire lourd refait surface. Condamné dans les années 1990 pour proxénétisme, puis incarcéré pour escroquerie et séquestration, Moretti affirme aujourd’hui mener une vie rangée.
Face à la presse, il a balbutié : « Nous allons tous très mal. » Puis il a martelé : « Tout s’est fait dans les normes. »
Pourtant, les autorités cantonales exigent des inspections de sécurité annuelles pour les établissements recevant du public. Or, le bar n’aurait été contrôlé que trois fois en dix ans. Une incohérence qui pèse lourd dans l’enquête en cours.
Une enquête au cœur des failles réglementaires
Les magistrats suisses examinent désormais plusieurs hypothèses : manquement aux normes de sécurité, travaux non déclarés, capacité d’accueil dépassée. L’instruction, qui pourrait aboutir à des charges d’homicide par négligence, analyse aussi la responsabilité des autorités locales dans le suivi réglementaire.
Les questions se multiplient :
- Les matériaux décoratifs utilisaient-ils des substances interdites dans les ERP (Établissements Recevant du Public) ?
- Le personnel avait-il reçu une formation incendie ?
- Les issues de secours étaient-elles accessibles et conformes ?
- Le permis d’exploitation avait-il été renouvelé récemment ?
Chaque réponse pourrait redéfinir la frontière entre accident et faute.
Un drame qui résonne dans toute l’Europe
Le Constellation n’était pas qu’un bar. C’était une destination pour les noctambules de France, d’Italie, d’Allemagne. La tragédie souligne l’urgence d’harmoniser les normes de sécurité dans les lieux festifs transfrontaliers. En attendant, les familles exigent vérité et justice.
Car derrière les flammes, il y a des noms. Des visages. Des vies interrompues. Et une question qui hante Crans-Montana : ce drame était-il évitable ?
