Crans-Montana sous tension : des journalistes racontent les menaces reçues près des lieux liés au drame du Constellation
Des scènes tendues à Crans-Montana et Lens
Dès les premiers jours de janvier 2026, des équipes de Rai1 et du journal suisse Blick se sont rendues à Crans-Montana, puis à Lens, où réside le couple Moretti. Leur objectif : recueillir des témoignages, comprendre les failles de sécurité, suivre l’évolution judiciaire. Mais leur présence a déclenché des réactions hostiles.
“Cassez-vous !”, “Tu parles français ?”, “Qu’est-ce que tu fiches ici ?” : autant de phrases rapportées par des reporters confrontés à des individus visiblement en colère. L’un d’eux, Domenico Marocchi, a même déposé plainte après un coup porté à la poitrine. Il parle sans détour de “menace de mort”.
Crans-Montana: le immagini dell'aggressione ad una troupe Rai durante la realizzazione di un reportage sulle attività della famiglia Moretti, proprietari del locale "Constellation" pic.twitter.com/IJaSRa1FNh
— Rai1 (@RaiUno) January 6, 2026
Intimidations devant Le Vieux Chalet
Les tensions ne se sont pas cantonnées au site de l’incendie. Devant Le Vieux Chalet, restaurant appartenant aux mêmes propriétaires à Lens, les journalistes auraient été sommés d’arrêter de filmer. Un employé aurait tenté de bloquer les caméras. Une femme, hors d’elle, aurait lancé des insultes violentes, accusant les médias de “profiter du malheur des autres”.
Ces comportements, bien que non coordonnés officiellement, semblent répondre à une logique commune : protéger la sphère familiale des Moretti, déjà ciblée par les rumeurs et les accusations médiatiques.
Rumeurs, vidéos et silence des autorités
Dans ce climat délétère, des spéculations circulent à propos de vidéosurveillance montrant Jessica Moretti quittant les lieux avec la caisse, légèrement brûlée au bras. Aucune source officielle n’a validé ces images. Les procureurs suisses restent muets, concentrés sur l’instruction pénale pour homicide par négligence et incendie par négligence.
Pour les journalistes, ce flou nourrit l’urgence de leur mission. Mais il accroît aussi les risques lorsqu’ils tentent de poser des questions simples : qui savait quoi, et quand ?
Quand le deuil entrave le droit d’informer
Il est légitime de pleurer. Il est humain de vouloir protéger les siens. Mais dans une démocratie, la vérité ne peut être étouffée par la colère ou la peur. Ces actes d’intimidation, même isolés, rappellent combien la liberté de la presse reste fragile — surtout face à des drames collectifs d’une telle ampleur.
Les familles des victimes, elles, attendent des réponses. Pas du silence. Encore moins de la violence verbale contre ceux qui cherchent à les obtenir.
