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Macron en aviateur : le président joue-t-il avec les codes du pouvoir ?

À Davos, en janvier 2026, Emmanuel Macron a marqué les esprits — non pas par un discours, mais par une paire de lunettes. Les fameuses lunettes aviateur, aux verres miroir et à la monture argentée, ont immédiatement déclenché spéculations et mèmes. Derrière cet accessoire se cache-t-il une simple prescription médicale… ou une mise en scène savamment orchestrée de l’image présidentielle ?

Un motif médical, une interprétation symbolique

L’Élysée a justifié ce choix par un “saignement bénin d’un vaisseau oculaire”, nécessitant une protection solaire temporaire. Rien d’alarmant, donc. Mais pourquoi précisément des aviateur — un modèle chargé d’histoire, de mythes et de références culturelles ?

Créées pour les pilotes de l’US Air Force dans les années 1930, ces lunettes incarnent depuis toujours l’audace, la technologie et une certaine idée de la virilité héroïque. En les portant, Macron ne choisit pas seulement une protection : il convoque un imaginaire.

Le made in France comme fil conducteur

Autre détail révélateur : ses lunettes sont fabriquées par Henry Jullien, une maison artisanale installée dans le Jura, cœur historique de la lunetterie française. Ce n’est pas un hasard. Depuis des années, le président valorise systématiquement les savoir-faire nationaux — qu’il s’agisse de costumes, de chaussures ou, désormais, d’optique.

Ce geste discret soutient une filière méconnue, tout en affirmant une souveraineté esthétique. À l’heure où la mode devient un champ diplomatique, chaque accessoire compte.

Une panoplie en construction

Les lunettes aviateur ne surgissent pas dans le vide. Elles complètent une série de tenues déjà remarquées : le blouson de cuir PN de l’armée de l’air, la combinaison de pilote, les séances de boxe ou les moments rugbystiques au Stade de France. Tous ces éléments participent d’une même narration : celle d’un chef d’État à la fois intellectuel, sportif et imprégné de culture militaire.

Il ne s’agit plus seulement de gouverner, mais de performer le pouvoir — avec une esthétique calibrée pour les écrans, les réseaux sociaux et l’imaginaire collectif.

Entre ironie et gravité

Certains y voient une touche de fantaisie, d’autres une tentative maladroite de paraître “cool”. Pourtant, dans un contexte géopolitique tendu, ce look peut aussi être lu comme une affirmation de force tranquille. Pas besoin de mots : les lunettes parlent d’elles-mêmes.

Et si, derrière les verres miroir, Macron observait simplement le monde… tout en lui renvoyant une image soigneusement construite ?