Vœux de fin d’année : Macron face à un rejet sans précédent
Le traditionnel message présidentiel de fin d’année pourrait bien tomber dans le vide. Selon le baromètre Toluna/Harris Interactive pour LCI, publié le 26 décembre 2025, Emmanuel Macron connaît son plus faible niveau de confiance depuis son arrivée à l’Élysée. Et surtout, une majorité claire de citoyens affirme ne pas compter écouter ses vœux du 31 décembre. Ce n’est plus seulement de la lassitude : c’est un rejet silencieux, profond, enraciné dans le sentiment que la parole présidentielle ne répond plus aux urgences du moment — ni au quotidien des Français.
Jugé sur ses résultats nationaux
Avec le retour des enjeux domestiques au premier plan, le chef de l’État subit de plein fouet la colère sociale. « Il est désormais davantage jugé sur les enjeux nationaux », relève Jean-Daniel Lévy. Et sur ce terrain, les attentes sont immenses. L’inflation persistante, le gel du pouvoir d’achat et l’impression d’un gouvernement à contre-courant creusent le fossé entre l’exécutif et les citoyens.
Un discours perçu comme déconnecté
Moins d’un tiers des Français comptent suivre les vœux présidentiels — une baisse continue depuis trois ans. Ce désintérêt n’est pas anodin. Il traduit un sentiment d’inutilité : la parole officielle semble incapable de rassurer, de proposer ou même d’écouter. Beaucoup la jugent trop éloignée des réalités sociales, trop centrée sur la stratégie politique, pas assez sur l’humain.
L’exécutif entier en perte de vitesse
La crise de confiance touche tout le gouvernement :
- Le Premier ministre Sébastien Lecornu stagne à un niveau bas
- Gérald Darmanin recule malgré une position de premier plan
- Laurent Nuñez subit une chute notable
- Rachida Dati perd encore un peu de terrain
Seul Mathieu Lefèvre progresse légèrement — mais sans changer la donne.
Aucun opposant n’en profite
Même les figures de l’opposition reculent. Jordan Bardella, Marine Le Pen, Bruno Retailleau ou Édouard Philippe voient tous leur popularité diminuer. Ce phénomène révèle un désenchantement global envers la classe politique, à l’approche d’un nouveau scrutin européen. Les citoyens cherchent un souffle nouveau — qu’aucun acteur actuel ne semble capable d’incarner.
Des chiffres révélateurs, dans un climat tendu
L’enquête, menée auprès de 1 099 personnes les 22 et 23 décembre, confirme une tendance inquiétante : la parole politique, même lors d’un moment symbolique comme le réveillon, ne mobilise plus. Le silence qui s’annonce le 31 décembre en dit long sur l’état du lien entre les Français et leurs dirigeants.
