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MaPrimeRénov’ à l’arrêt dès janvier : le flou budgétaire met fin aux aides à la rénovation énergétique

Le compte à rebours est lancé. À partir du 1er janvier 2026, MaPrimeRénov’, le dispositif central de soutien à la rénovation énergétique en France, sera suspendu. Pas de coup de théâtre, pas de débat public — juste l’absence d’un budget voté. Résultat : des milliers de foyers et d’artisans se retrouvent brutalement privés d’un levier essentiel pour engager des travaux.

Une suspension inévitable, mais prévisible

Dimanche 21 décembre, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a confirmé l’impensable sur France 3 : sans budget pour 2026, le guichet de MaPrimeRénov’ ne pourra pas ouvrir. “Pas de budget, pas de guichet”, a-t-il martelé. Derrière cette formule lapidaire se cache une réalité administrative implacable. En l’absence de crédits votés, l’État ne peut engager aucune dépense non contractuelle.

Et MaPrimeRénov’ en fait partie. Même une loi spéciale — mécanisme d’urgence utilisé lorsque le Parlement n’adopte pas le budget à temps — ne permettrait pas de financer de nouvelles demandes. Elle ne sert qu’à maintenir les services essentiels, pas à relancer des aides discrétionnaires.

Des milliers de dossiers en suspens

Actuellement, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) instruit environ 80 000 dossiers MaPrimeRénov’. Parmi eux, 45 000 concernent des maisons individuelles, et 38 000 des copropriétés. Ces demandes seront honorées — ou du moins, le seront si les crédits sont débloqués à temps. Mais à partir du 1er janvier, plus aucune nouvelle demande ne sera acceptée.

Pour les ménages qui comptaient sur cette aide pour financer l’isolation, le remplacement de leur chaudière ou l’installation d’une pompe à chaleur, c’est un coup dur. Surtout en cette période de hausse des prix de l’énergie.

Un secteur déjà en tension

La nouvelle tombe dans un contexte déjà fragile. Les professionnels du bâtiment dénoncent depuis des mois une gestion erratique du dispositif : critères qui changent, délais d’instruction qui s’allongent, plafonds de subventions réduits. La suspension de MaPrimeRénov’ en janvier 2026 risque d’aggraver une crise déjà bien installée.

Car derrière chaque aide non versée, il y a un chantier annulé, un artisan sans commande, un foyer qui reste mal isolé. La transition énergétique ne se décrète pas — elle s’accompagne.

Et maintenant ?

Le gouvernement mise tout sur une adoption rapide du budget. Vincent Jeanbrun appelle les parlementaires à reprendre les travaux budgétaires sans délai. Mais dans un climat politique tendu, rien n’est garanti. Rappelons que le dispositif avait déjà été interrompu plusieurs fois en 2025 — au printemps, puis en été — pour les mêmes raisons.

En attendant, les Français qui envisageaient des travaux de rénovation énergétique en 2026 devront soit reporter leurs projets, soit les autofinancer. Une option impossible pour de nombreux ménages modestes, pour qui MaPrimeRénov’ était la seule porte d’entrée vers un logement plus sobre et plus confortable.