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Mein Kampf dans le salon des Bardot : l’héritage sombre de Brigitte Bardot révélé

Brigitte Bardot, symbole de liberté et de modernité dans les années 1960, cache-t-elle un passé idéologique bien plus inquiétant ? Une révélation troublante émerge de sa propre histoire familiale : la bibliothèque de ses parents contenait des ouvrages emblématiques de l’extrême droite européenne, dont un exemplaire dédicacé de Mein Kampf par Adolf Hitler. Derrière le mythe de l’icône insouciante se dessine un héritage intellectuel marqué par des références racistes et collaborationnistes.

Une bibliothèque qui en dit long

En 1978, à la mort de sa mère Anne-Marie Mucel, Nicolas Charrier – le fils de Brigitte Bardot – n’hérite ni d’une villa ni d’un compte en banque, mais d’un legs symbolique : la bibliothèque familiale. Ce n’est qu’en feuilletant les rayonnages qu’il découvre des titres rares, voire interdits dans certains pays : des biographies de Joseph Goebbels, des écrits de Hermann Göring, les théories raciales d’Arthur de Gobineau, et surtout, un exemplaire de Mein Kampf portant la dédicace manuscrite du Führer.

Un tel choix de lecture n’est pas anodin dans le Paris d’après-guerre. Mein Kampf n’était pas un livre de salon ordinaire. Sa présence dans une demeure du 16e arrondissement – cœur de la bourgeoisie industrielle – laisse supposer un alignement idéologique silencieux, voire un engagement latent envers des idées extrémistes.

Entre rébellion de façade et fidélité aux origines

Brigitte Bardot a longtemps entretenu une image de rebelle. Elle défend le FLN, soutient des causes progressistes comme la légalisation de l’avortement, et entretient des liens avec des figures de gauche. Pourtant, elle ne rompt jamais avec ses parents ni avec leur mode de vie. Son éducation, marquée par la sévérité catholique et l’autorité paternelle – gifles, punitions, cravache – reste un socle invisible mais constant.

Son évolution politique semble s’accélérer après ses 60 ans, notamment lors de son union avec Bernard d’Ormale, ancien collaborateur de Jean-Marie Le Pen. C’est alors qu’elle adopte un ton de plus en plus radical, dénonçant les clandestins, le métissage ou les homosexuels dans des ouvrages comme Un cri dans le silence. Ces propos lui valent plusieurs condamnations pour incitation à la haine.

Un héritage transmis, même sans lecture ?

Il n’existe aucune preuve que Brigitte Bardot ait lu les ouvrages extrémistes de ses parents. Mais la simple présence de ces livres dans son environnement familial soulève une question cruciale : jusqu’où les racines idéologiques d’un milieu influencent-elles les opinions, même inconsciemment ?

Jacques Charrier, son ancien mari, a évoqué cette bibliothèque dans son livre Ma réponse à Brigitte Bardot (1997). Il y insiste sur la continuité entre l’éducation reçue et les prises de position ultérieures de l’actrice. Pour lui, le fossé entre la jeune femme libérée des années yé-yé et la figure polémique des années 2000 n’est pas si large qu’il y paraît.

Un miroir de la bourgeoisie conservatrice

La famille Bardot incarne une haute bourgeoisie industrielle socialement homogène, comme le note la Revue française de généalogie. Aucun ancêtre n’est ouvrier, artiste marginal ou étranger. Tout est ordonné, catholique, français, et traditionnel. Dans ce cadre, la présence de Pierre Drieu La Rochelle ou d’Arthur de Gobineau – penseurs de la décadence et de la hiérarchie raciale – devient moins surprenante.

Cette révélation ne condamne pas Brigitte Bardot à titre personnel, mais elle éclaire les conditions intellectuelles dans lesquelles ses opinions se sont forgées. À l’heure où le débat sur le financement politique, la transmission des croyances et l’extrémisme culturel refait surface, cette histoire rappelle que les idées circulent aussi par les bibliothèques – même celles qu’on ne lit jamais.