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Incendie de Crans-Montana : pourquoi des mineurs de 14 ans se trouvaient-ils dans un bar après minuit ?

Le 1er janvier 2026, une fête de Nouvel An à Crans-Montana s’est transformée en tragédie. Un incendie fulgurant dans le bar Le Constellation a fait 40 morts, dont plusieurs adolescents. Parmi eux, des mineurs de 14 et 15 ans, présents sans adulte. Dans un pays où les règles d’accès aux lieux festifs sont censées protéger les jeunes, cette présence soulève des doutes profonds sur les pratiques réelles de l’établissement — et sur les failles d’un système censé garantir la sécurité de tous.

Un lieu de fête devenu piège mortel

Peu après 1 h 30 du matin, les flammes ont balayé le sous-sol du bar avec une violence inouïe. Les témoins décrivent une scène de panique totale : issues bloquées, fumée opaque, foule comprimée. Les secours, dépassés, ont mis des heures à stabiliser la situation.

Les 40 victimes identifiées viennent de plusieurs pays — Suisse, France, Italie, Belgique, Portugal — preuve de l’attractivité internationale de ce haut lieu de la vie nocturne alpine. Mais le profil des plus jeunes interpelle : comment des adolescents aussi jeunes ont-ils pu entrer, rester, et fêter le passage à la nouvelle année dans un bar autorisant la vente d’alcool ?

La loi suisse est claire — mais était-elle appliquée ?

Dans le canton du Valais, la réglementation est précise : les mineurs de moins de 16 ans ne peuvent fréquenter un débit de boissons après 22 h qu’en présence d’un adulte responsable. À 14 ans, aucun accès libre n’est légalement permis, quelle que soit la boisson consommée.

Pourtant, plusieurs témoins affirment que des contrôles d’âge étaient rares, voire inexistants en soirée. “On jugeait à l’œil”, a confié un ancien employé. Une pratique qui, si elle est avérée, constituerait une violation directe de la législation cantonale sur la protection des mineurs.

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Une enquête au cœur des négligences

Les procureurs du Valais ont ouvert une instruction pénale contre les deux gérants français du bar. Les chefs d’accusation incluent homicide par négligence et manquement aux normes de sécurité incendie. L’enquête examine aussi la possibilité de travaux réalisés sans permis et une capacité d’accueil largement dépassée.

Des extincteurs hors de portée, des issues non balisées, une densité de public incompatible avec les plans d’évacuation : autant d’éléments qui, combinés à la présence illégale de mineurs, pourraient aggraver considérablement la responsabilité des exploitants.

Au-delà du drame : une alerte nationale

Ce sinistre dépasse le cadre d’un simple accident. Il met en lumière un laxisme potentiel dans l’application des règles de sécurité et de protection de la jeunesse dans les lieux festifs suisses. Alors que des familles pleurent leurs enfants, une question demeure : combien de vies auraient pu être épargnées si les règles avaient été respectées ?