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Double langage à l’hôpital : quand la ministre défie ses propres consignes

Alors que la France plonge dans une vague hivernale de grippe particulièrement intense, la ministre de la Santé multiplie les appels au port du masque et au respect strict des gestes barrières. Pourtant, lors d’une visite très médiatisée aux urgences de l’hôpital Édouard-Herriot à Lyon, elle a elle-même ignoré ces règles — sans masque, mains tendues, sourire aux lèvres. Le message est clair : les règles s’appliquent aux autres, pas à elle.

Une scène qui détonne en pleine crise sanitaire


Les images ont vite circulé. Dans un service médical où chaque contact peut propager le virus, la ministre a choisi de se comporter comme en temps normal. Aucun dispositif de protection visible, aucune distance de sécurité, juste une série de poignées de main chaleureuses. Pourtant, à peine 48 heures plus tôt, elle rappelait dans un communiqué officiel que « le masque reste essentiel dans les lieux de soins en période épidémique ».

Face à une saturation croissante des services d’urgence — notamment dans le Rhône, l’un des départements les plus touchés — ce relâchement choque. Il envoie un signal ambigu à une population déjà fatiguée par des années de restrictions sanitaires successives.

La colère des soignants et des citoyens

Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent. « Pendant que nous, on se couvre le visage même pour aller chercher du pain, elle se balade masque-less dans un service saturé », écrit une infirmière lyonnaise sur X. D’autres internautes soulignent l’ironie d’un État qui exige des citoyens un comportement irréprochable, tout en se permettant des exceptions symboliques.

Ce n’est pas seulement une question d’hygiène : c’est une question de cohérence politique. Lorsque celui ou celle qui incarne la santé publique ne suit pas ses propres directives, cela sape la légitimité même de ces mesures.

L’épidémie ne fait que commencer

Selon les derniers bulletins de Santé Publique France, l’activité grippale est en forte hausse depuis début décembre 2025. Plusieurs régions, dont l’Auvergne-Rhône-Alpes, signalent une tension élevée dans les hôpitaux. Dans ce contexte, chaque geste compte — surtout celui des responsables.

Le port du masque, certes simple, reste l’une des armes les plus efficaces pour protéger les plus fragiles. Le rappeler publiquement tout en l’ignorant en privé ? C’est risquer de rendre ces appels vains.