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Neuf députés du RN dans un groupe Facebook privé : des propos extrêmes mis en lumière par Les Jours

Une enquête de Les Jours révèle que neuf députés du Rassemblement national (RN) seraient membres d’un groupe Facebook privé intitulé “La France avec Jordan Bardella”, où circulent des messages à caractère raciste, antisémite, homophobe, islamophobe et même des appels au meurtre. Une information qui relance le débat sur la ligne politique interne au parti, sa gestion des dérives idéologiques et l’usage des réseaux sociaux par les élus.

Découvrez ce que ces révélations impliquent pour le RN, ses représentants et la démocratie française.

Un groupe Facebook fermé sous surveillance

Créé autour de la figure de Jordan Bardella, président du RN et tête de liste aux élections européennes 2024, le groupe Facebook “La France avec Jordan Bardella” n’était accessible qu’en invitation. Selon l’enquête publiée par Les Jours, il aurait permis à certains députés d’échanger librement sur des sujets polémiques, sans la pression médiatique liée aux prises de parole officielles.

Ces échanges, capturés via des captures d’écran et analysés par les journalistes, font état de propos violents, discriminatoires et incompatibles avec les valeurs républicaines. Certains messages auraient même été qualifiés d’“appels directs à la violence”, selon des experts en radicalisation.

Des contenus choquants mais difficiles à vérifier

Si les accusations sont graves, elles restent toutefois difficiles à valider intégralement, car les échanges se sont produits dans une zone privée, inaccessible au public. Les Jours affirme avoir accès à plusieurs documents attestant de la véracité de ses affirmations, sans toutefois publier les preuves intégrales.

Le RN a rapidement réagi, dénonçant une “manipulation grossière” et rappelant son engagement à “lutter contre toutes formes de discours haineux”. Toutefois, aucun nom des députés concernés n’a été officiellement communiqué, alimentant les interrogations quant à leur identité et à leur rôle exact dans le groupe.

Pourquoi ce groupe inquiète au-delà du RN

Que des élus français soient associés à un réseau social propagateur de messages d’intolérance et de haine pose question, surtout quand ces élus siègent à l’Assemblée nationale ou au Sénat.

  • Quel niveau de vigilance existe-t-il au sein des partis politiques sur les discours tenus en comité fermé ?
  • Les responsables politiques peuvent-ils ignorer les dérives de leurs troupes ?
  • Comment distinguer la liberté d’expression de l’appartenance à un groupe politique institutionnel ?

Derrière cette affaire, c’est aussi le problème plus large de la modération des réseaux sociaux, de la radicalisation silencieuse et de la responsabilité individuelle des élus qui est soulevé.

Réactions politiques et juridiques attendues

Face à ces révélations, la droite comme la gauche s’interrogent sur la conduite à tenir. Des voix s’élèvent déjà pour demander des sanctions internes au RN, tandis que d’autres préfèrent attendre une confirmation indépendante avant de tirer des conclusions.

En parallèle, des associations antiracistes ont annoncé envisager des démarches légales, estimant que certains messages pourraient tomber sous le coup de la loi pénale, notamment en matière d’incitation à la haine raciale ou religieuse.

Jordan Bardella a lui-même pris position : « Le RN condamne toute forme de discours de haine. Si des dérives isolées sont avérées, elles seront sanctionnées conformément à nos engagements. »