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Drôme familiale en Haute-Saône : deux nouveau-nés retrouvés congelés, une mère en garde à vue

Le silence d’un petit village de Haute-Saône est brutalement rompu. Ce mardi 10 février 2026, à Aillevillers-et-Lyaumont, un père de famille fait une découverte qui le plonge dans l’horreur absolu. Dans le congélateur de son propre domicile, deux corps de nouveau-nés, figés dans le temps. L’homme, quinquagénaire, alerte immédiatement les gendarmes. Le choc est tel qu’il peine à articuler les mots. Rapidement, les enquêteurs identifient la compagne de l’homme comme principale suspecte. Elle est arrêtée à Boulogne-Billancourt, à plus de 370 kilomètres du lieu des faits, et placée en garde à vue. Une enquête judiciaire pour découverte de cadavres est ouverte sous l’autorité du parquet de Vesoul. Les questions se bousculent dans l’esprit de tous : comment en est-on arrivé là ?

Le jour où tout bascule : la découverte du père

La vie semblait paisible dans cette maison d’Aillevillers-et-Lyaumont. Un couple, plusieurs enfants en bas âge, une existence ordinaire dans un petit village de Haute-Saône. Puis, ce mardi matin, tout change. Le père ouvre le congélateur familial. Il cherche probablement un aliment pour le repas. Ce qu’il découvre dépasse l’entendement. Le corps d’un nouveau-né, parfaitement conservé par le froid. Sous le choc, il fouille davantage. Un second corps apparaît. Deux bébés, dissimulés dans l’endroit le plus banal qui soit : le congélateur familial.

L’intervention des gendarmes et l’arrestation

Les gendarmes arrivent rapidement sur les lieux. Le père, en état de choc, peine à répondre aux premières questions. Les enquêteurs sécurisent le domicile et procèdent à des constatations initiales. Très vite, l’attention se porte sur la compagne de l’homme. Selon les premiers éléments recueillis, elle aurait quitté le domicile en décembre dernier, quelques semaines avant la découverte macabre. Les services de police mobilisent leurs ressources pour la localiser. Elle est finalement interpellée à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine. Placée en garde à vue, elle devra s’expliquer sur les circonstances de cette découverte glaçante.

L’enquête judiciaire : des zones d’ombre persistantes

Sous l’autorité du parquet de Vesoul, une enquête pour découverte de cadavres a été ouverte. Les magistrats chargés du dossier font face à de nombreuses inconnues. Les corps des deux nouveau-nés ont été transférés à l’institut médico-légal pour des examens approfondis. Les légistes devront notamment déterminer la date des décès, les causes exactes et établir si les bébés étaient viables à la naissance. Chaque détail compte dans cette affaire qui dépasse l’entendement.

Les questions cruciales des enquêteurs

Les magistrats et les enquêteurs travaillent sur plusieurs hypothèses. Les questions qui guident leurs investigations sont nombreuses :

  • Quand ces deux bébés sont-ils nés ?
  • Ont-ils été victimes d’infanticide ou sont-ils décédés de mort naturelle ?
  • Qui a placé les corps dans le congélateur et pourquoi ?
  • Le père avait-il connaissance de l’existence de ces enfants ?
  • La femme arrêtée est-elle bien la mère biologique des deux nouveau-nés ?

Chaque réponse apportera un élément essentiel à la compréhension de ce drame familial hors norme.

Le traumatisme d’un village : « une malédiction »

Aillevillers-et-Lyaumont, petit village de Haute-Saône, est sous le choc. Les habitants, habitués à une vie paisible, peinent à réaliser l’ampleur du drame qui s’est déroulé à quelques pas de chez eux. Une résidente, interrogée par les médias locaux, n’a pas hésité à évoquer une « malédiction ». Elle rappelle qu’en 2014, un meurtre avait déjà endeuillé cette commune. Cette nouvelle tragédie ravive les souvenirs douloureux et plonge la communauté dans une incompréhension totale.

Le poids de l’histoire locale

Les villages de province portent souvent en eux des histoires tragiques qui marquent durablement les esprits. À Aillevillers-et-Lyaumont, le meurtre de 2014 avait déjà brisé le sentiment de sécurité qui caractérise habituellement ces communautés rurales. Aujourd’hui, cette nouvelle affaire vient s’ajouter à la mémoire collective, créant un sentiment d’angoisse et d’inquiétude parmi les habitants. Le poids du passé semble peser lourdement sur ce territoire.

L’ombre de l’affaire Véronique Courjault

Impossible d’aborder cette affaire sans évoquer le précédent glaçant de Véronique Courjault. En juillet 2006, Jean-Louis Courjault découvrait les corps de deux nouveau-nés dans le congélateur familial à Séoul, en Corée du Sud. Sa femme, Véronique, nierait dans un premier temps toute implication avant d’avouer avoir tué et dissimulé les corps des deux enfants, nés respectivement en 2002 et 2003. Cette affaire avait marqué les esprits par son caractère atypique et la froideur apparente de la principale accusée.

Les similitudes troublantes entre les deux affaires

Les parallèles entre l’affaire Courjault et celle de Haute-Saône sont frappants. Dans les deux cas, des nouveau-nés retrouvés congelés dans le domicile familial. Dans les deux cas, une mère suspectée d’avoir dissimulé les corps de ses propres enfants. Dans les deux cas, un père découvrant par hasard cette macabre réalité. Ces similitudes interrogent sur les mécanismes psychologiques qui peuvent conduire à de tels actes. L’infanticide reste un phénomène rare mais récurrent, souvent lié à des troubles psychiatriques profonds ou à des situations de détresse extrême.

Le cadre juridique : de l’infanticide à la dissimulation de cadavre

En droit français, l’infanticide est un crime particulièrement grave. L’article 221-1 du Code pénal prévoit la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre d’un mineur de quinze ans. La dissimulation de cadavre, quant à elle, est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende selon l’article 225-17. Dans l’affaire Courjault, la condamnation à huit ans de réclusion avait été jugée « plutôt clémente » par de nombreux observateurs, notamment au regard des trois années passées en détention provisoire.

Les enjeux de la procédure en cours

Dans l’affaire de Haute-Saône, les enquêteurs devront établir avec certitude les faits avant de pouvoir qualifier juridiquement les actes reprochés. La qualification d’infanticide nécessitera de démontrer l’intention de donner la mort. La simple découverte de cadavres ne suffit pas à établir la culpabilité. Les expertises médico-légales seront donc déterminantes dans l’évolution de ce dossier. Le parquet de Vesoul devra également évaluer l’état psychologique de la femme arrêtée au moment des faits présumés.

La prévention des infanticides : un enjeu de santé publique

Cette affaire tragique soulève des questions plus larges sur la prévention des infanticides et le suivi des femmes enceintes en situation de détresse. En France, entre 20 et 30 infanticides sont commis chaque année selon les statistiques officielles. Beaucoup de ces drames pourraient être évités grâce à un meilleur repérage des signes de détresse psychologique et à un accompagnement plus efficace des femmes enceintes isolées ou en difficulté.

Les professionnels de santé, les travailleurs sociaux et les élus locaux ont un rôle crucial à jouer dans la prévention de ces drames. La formation des personnels de santé à la détection des signes de détresse psychologique, le développement de structures d’accueil pour les femmes enceintes en difficulté et la sensibilisation du grand public sont autant de leviers pour lutter contre ce phénomène tragique. L’affaire de Haute-Saône doit servir de rappel sur l’importance de la vigilance collective et de la solidarité envers les plus vulnérables.