Porcelaine volée à l’Élysée : le silence de deux ans et les complices au cœur du patrimoine
Il ne s’agit pas d’un scénario de fiction, mais d’une réalité qui a secoué les fondations du palais présidentiel. Pendant près de vingt-quatre mois, des dizaines de pièces de porcelaine de l’Élysée — utilisées lors de dîners d’État avec chefs d’État, diplomates et dignitaires — ont été dérobées sans que les systèmes de contrôle ne sonnent l’alerte. Ce n’est qu’en fin d’année 2025 que l’affaire a éclaté, révélant un réseau insoupçonné impliquant un employé de la présidence, un antiquaire et un gardien du musée du Louvre.
L’homme de confiance qui trahit la République
Thomas M., maître d’hôtel et argentier à l’Élysée, occupait une fonction clé : gérer le service de la table lors des événements officiels. Grâce à son statut, il avait un accès régulier aux réserves contenant des services de table classés au patrimoine national. C’est précisément cet accès légitime qui lui a permis de commettre ses larcins en toute discrétion.
Selon les enquêteurs, il a prélevé plus de cent objets — tasses, soucoupes, assiettes — qu’il a ensuite sortis du palais, souvent dissimulés dans ses affaires personnelles. Pour couvrir ses traces, il a manipulé les registres d’inventaire, créant une illusion de normalité qui a duré des mois.
Une alliance secrète entre Versailles et le Louvre
Derrière ce vol systématique se cachait une organisation bien rodée. Le compagnon de Thomas M., antiquaire de profession, servait d’intermédiaire. Mais l’élément le plus troublant est l’implication de Ghislain M., un jeune employé du musée du Louvre passionné de céramique ancienne.
Les deux hommes se seraient rencontrés sur les réseaux sociaux au début de l’année 2024. Rapidement, Ghislain est devenu le destinataire des pièces volées, les stockant chez lui à Versailles. Son statut de gardien de salle dans l’un des musées les plus surveillés du monde n’a fait qu’ajouter une ironie cruelle à l’affaire.
L’instant où tout bascule
Malgré la prudence des voleurs, la nature répétitive de leurs actes a fini par les trahir. Des écarts persistants dans les inventaires ont alerté les responsables logistiques de l’Élysée. Un signalement interne a été émis, déclenchant une enquête de la gendarmerie nationale.
Les investigations ont rapidement mené aux trois suspects. Une perquisition au domicile de Ghislain M. a permis de retrouver une grande partie de la porcelaine présidentielle volée, évitant une perte définitive pour le patrimoine français.
Conséquences institutionnelles et judiciaires
Interpellés le 16 décembre 2025, les trois hommes ont avoué les faits en garde à vue. Le maître d’hôtel a démissionné fin novembre, bien avant que l’affaire ne devienne publique. Le gardien du Louvre a quant à lui été suspendu de ses fonctions, son accès au musée définitivement révoqué.
Le dossier est désormais entre les mains de la justice. Renvoyé au tribunal correctionnel de Paris pour février 2026, il soulève une question cruciale : comment des vols aussi répétés ont-ils pu passer inaperçus au cœur même de l’État ? La réponse pourrait conduire à une refonte des procédures de sécurisation du patrimoine présidentiel.
