Prime d’activité 2026 : qui bénéficiera vraiment des 50€ supplémentaires par mois ?
Les bénéficiaires ciblés : entre 1 et 1,4 fois le SMIC
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette augmentation ne concernera pas l’ensemble des allocataires de la prime d’activité. Selon les déclarations de Sébastien Lecornu, seuls les travailleurs percevant entre 1 et 1,4 fois le SMIC seront éligibles à cette revalorisation. Avec un salaire minimum fixé à 1 433 euros nets mensuels en 2026, cela signifie que les bénéficiaires devront gagner entre 1 433 et environ 2 000 euros nets par mois.
Ce ciblage précis exclut donc une partie des foyers actuellement bénéficiaires, notamment ceux dont les revenus se situent entre 2 000 et 2 030 euros nets, plafond maximal pour percevoir la prime d’activité.
Une hausse dégressive selon les revenus
Autre point crucial souvent mal compris : l’augmentation ne sera pas uniforme. La prime d’activité fonctionne sur un principe de dégressivité. Plus le salarié se rapproche du plafond maximal, moins son montant est élevé.
Comment sera calculée la nouvelle prime ?
- Un employé au SMIC (1 433 € nets) pourrait bénéficier d’une hausse supérieure à 50 euros mensuels
- Un salarié à 1,2 fois le SMIC (environ 1 720 €) verra probablement son augmentation se situer autour des 40-45 euros
- Un travailleur à 1,4 fois le SMIC (environ 2 000 €) n’aura droit qu’à une augmentation plus légère, peut-être 20-30 euros
Cette logique de dégressivité vise à concentrer l’effort budgétaire sur les ménages les plus modestes, là où l’impact sur le pouvoir d’achat sera le plus significatif.
Un budget de 1,5 milliard d’euros
Pour financer cette mesure, le gouvernement a dégagé 1,5 milliard d’euros supplémentaires dans le budget 2026. Cette enveloppe substantielle témoigne de l’importance accordée à ce dispositif dans la politique sociale actuelle.
Cette augmentation intervient dans un contexte de négociations politiques tendues. Elle fait partie des concessions obtenues pour garantir l’accord de non-censure du Parti socialiste sur le projet de loi de finances.
La prime d’activité : un outil contre les idées reçues
Cette mesure rappelle l’objectif fondamental de la prime d’activité : inciter les personnes sans emploi à reprendre une activité professionnelle et soutenir financièrement ceux qui travaillent déjà.
Une récente analyse de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) vient démentir une idée reçue tenace selon laquelle il serait plus avantageux de ne pas travailler. L’étude cite l’exemple d’une personne seule, locataire dans le parc privé, sans revenu d’activité, non handicapée et d’âge actif.
Comparaison des revenus : travailler ou ne pas travailler ?
- Sans emploi : 873 euros mensuels (572 € de RSA + 301 € d’aides au logement)
- Avec un emploi au SMIC : 1 672 euros mensuels (1 426 € de salaire + 246 € de prime d’activité)
La différence est sans appel : travailler au SMIC permet de disposer d’un revenu disponible près de deux fois supérieur à celui perçu sans activité professionnelle.
Comment savoir si vous êtes éligible ?
Pour déterminer si vous bénéficierez de cette hausse et à quel montant vous pouvez prétendre, plusieurs critères entrent en ligne de compte :
- Votre salaire net mensuel
- Votre situation familiale (célibataire, couple, nombre d’enfants)
- Vos autres revenus éventuels (allocations, pensions, etc.)
- Votre âge et votre situation de logement
Le simulateur officiel disponible sur le site des impôts permet d’obtenir une estimation précise de votre nouvelle prime d’activité dès l’entrée en vigueur de la mesure.
Quand entrera en vigueur cette augmentation ?
L’entrée en application de cette hausse est prévue pour le second semestre 2026, une fois le budget définitivement adopté et les modalités techniques mises en place. Les bénéficiaires actuels n’auront aucune démarche particulière à effectuer : la revalorisation sera appliquée automatiquement par les caisses d’allocations familiales.
Cette mesure s’inscrit dans une logique plus large de soutien au pouvoir d’achat des ménages modestes, à un moment où l’inflation continue de peser sur les budgets familiaux les plus fragiles.
