“Paris ne peut plus se permettre le gaspi” : Sarah Knafo entre en campagne avec un plan chiffré
Elle ose dire ce que beaucoup pensent tout bas : Paris “coule sous la gabegie”. Sarah Knafo, députée européenne du parti Reconquête!, a officiellement lancé sa candidature à la mairie de la capitale pour les municipales de mars 2026. Depuis le plateau du 20 Heures de TF1, elle a dévoilé une feuille de route radicale, fondée sur une idée simple : moins de dépenses publiques, moins d’impôts. Un credo qui tranche avec la gestion en place — et qui pourrait bouleverser le paysage politique parisien.
Un programme bâti sur la rigueur budgétaire
Contrairement aux candidats habitués aux promesses coûteuses, Sarah Knafo mise sur la sobriété. Elle propose un plan d’économies de 10 milliards d’euros sur le budget de la ville, à réaliser en cinq ans. Comment ? En supprimant les subventions “non justifiées”, en rationalisant les effectifs administratifs et en mettant fin aux “dépenses de prestige” jugées inutiles en temps de crise du pouvoir d’achat.
L’objectif final : diviser par deux la taxe foncière pour tous les foyers parisiens. Une mesure forte, rarement avancée dans une ville où les impôts locaux figurent parmi les plus élevés de France. “On ne peut pas demander aux Parisiens de payer toujours plus pour un service public en déclin”, a-t-elle martelé.
Contre la “caste municipale”, pour les citoyens
Pour Sarah Knafo, le vrai problème de Paris n’est pas technique — il est politique. Elle dénonce un “entre-soi” institutionnel, où décisions et nominations se font en circuit fermé. Pour y remédier, elle promet d’instaurer des mécanismes de démocratie participative renforcée : référendums locaux obligatoires pour les grands projets, transparence totale des budgets de quartier, et suppression des indemnités de fonction jugées “excessives”.
Elle pointe aussi des maux concrets : les embouteillages qui paralysent la ville, la propreté en berne, ou encore la dégradation de l’ordre public dans certains secteurs. “Redresser Paris, c’est d’abord lui redonner sa dignité”, affirme-t-elle.
Une campagne locale… avec des ambitions nationales
Bien qu’elle rejette pour l’instant toute idée de candidature présidentielle, Sarah Knafo ne cache pas que Paris est un “laboratoire” pour la France entière. “Si la capitale redevient exemplaire, le pays entier en profitera”, explique-t-elle. Une vision qui correspond à la stratégie de Reconquête! : imposer des alternatives locales pour peser au niveau national.
Face à elle, le champ électoral s’annonce particulièrement fragmenté : Emmanuel Grégoire (PS) pour l’union de la gauche, Rachida Dati (LR), Sophia Chikirou (LFI), le candidat d’Horizons proche d’Édouard Philippe, Pierre-Yves Bournazel (Renaissance), et Thierry Mariani (RN-UDR). Un duel à plusieurs voix, où chaque voix compte.
Un thème “evergreen” au cœur de l’inflation
En ciblant la gestion municipale et la pression fiscale, Sarah Knafo s’attaque à des sujets qui traversent les cycles électoraux. La question des impôts locaux, en particulier, revient chaque année avec la réception des avis d’imposition. Et en 2026, dans un contexte de stagnation économique, sa promesse pourrait faire mouche bien au-delà de son électorat traditionnel.
Reste à voir si les Parisiens croiront à cette rupture. Car gouverner une ville comme Paris, ce n’est pas seulement critiquer. C’est aussi transformer la colère en solutions concrètes.
