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Tragédie à Crans-Montana : un français de 14 ans parmi les victimes de l’incendie en Suisse

Le silence de la neige ne suffit plus à étouffer la douleur à Crans-Montana. Un incendie dévastateur a emporté dix-sept vies dans la nuit du 4 janvier 2026 — dont celle d’un adolescent français âgé de seulement 14 ans. Ce détail bouleversant transforme un drame collectif en question de société : comment un mineur si jeune se retrouvait-il dans un lieu censé être interdit aux moins de 18 ans ?

Les visages derrière les chiffres

Les autorités suisses ont officiellement identifié l’ensemble des victimes. Parmi elles, six Français : une femme de 33 ans, une autre de 26 ans, un jeune homme de 23 ans, un de 20 ans, un adolescent de 17 ans… et ce garçon de 14 ans, dont l’âge défie l’entendement. Une adolescente de 15 ans, détentrice d’une triple nationalité franco-israélo-britannique, a également péri dans les flammes.

Le bilan inclut aussi des jeunes venus d’Italie, de Belgique et de Suisse. Tous mineurs. Tous piégés dans un établissement nocturne qui, selon plusieurs témoignages, ne respectait pas les règles de base en matière de contrôle d’accès.

Des contrôles d’âge “à la tête du client”

Maxime, ancien employé du bar Le Constellation, a brisé l’omerta. Dans un entretien franc, il a décrit un système de vérification des âges quasi inexistant. “On contrôlait à l’œil, et seulement si on avait le temps”, confie-t-il. En soirée, avec plus de 150 personnes et un personnel réduit, les pièces d’identité étaient rarement exigées.

Pire : refuser l’entrée à des mineurs aurait été perçu comme “une perte d’argent”. Cette priorité donnée à la rentabilité plutôt qu’à la sécurité des mineurs pourrait constituer un élément central dans le cadre de l’enquête en cours.

Le deuil s’organise, les questions persistent

Dimanche matin, une cérémonie œcuménique a rassemblé des centaines de personnes devant la chapelle du village. Des familles brisées, des amis en larmes, des touristes silencieux. L’émotion est palpable, mais elle ne remplace pas les réponses.

Pourquoi un adolescent de 14 ans se trouvait-il là ? Qui a laissé entrer ces mineurs ? Les normes de sécurité incendie ont-elles été respectées ? Ces questions, légitimes et urgentes, devront être tranchées par la justice suisse.

Un appel à la vigilance dans les lieux festifs

Ce drame interpelle bien au-delà des frontières helvétiques. Il met en lumière un phénomène trop souvent minimisé : la présence de mineurs dans les boîtes de nuit, souvent tolérée par négligence ou appât du gain. Alors que les réformes tardent, des vies continuent d’être sacrifiées.

L’incendie de Crans-Montana n’est pas qu’un accident. C’est un miroir. Et ce qu’il reflète devrait nous alerter tous.