École Saint-Dominique : les parents brisent le silence après des mois d’alertes vaines
Le reportage qui fait trembler le système éducatif parisien
En mai 2025, une journaliste infiltrée du magazine d’enquête Cash Investigation pénètre dans le périscolaire de l’école Saint-Dominique. Ce qu’elle découvre dépasse l’entendement. Des animateurs hurlent sur des enfants de trois ans. Le ratio d’encadrement est bafoué : un adulte pour 23, parfois 35 enfants, alors que la réglementation impose un maximum de 14.
Mais le pire reste à venir. Une animatrice embrasse un petit garçon sur la bouche en murmurant « Je suis folle de lui ». L’enquêtrice rapporte des scènes de cris et de menaces quotidiennes. Pire encore, elle se voit interdire de réconforter les enfants en pleurs. Ces images, diffusées en janvier 2026, provoquent un séisme dans le paysage éducatif parisien.
« Mon enfant avait peur d’aller à la cantine »
Sandra, mère d’un enfant en moyenne section, ne décolère pas. « J’ai ressenti du dégoût face à l’impunité des adultes qui commettent des violences sur les enfants », lance-t-elle lors de la réunion d’urgence organisée par la mairie de Paris. Son fils lui répétait sans cesse : « On est punis si on parle. »
Elle comprend aujourd’hui pourquoi l’enfant refusait systématiquement d’aller à la cantine. « C’est dur de se dire qu’on n’a pas pu leur éviter ça », avoue-t-elle, la voix tremblante de culpabilité.
Des marques rouges sur le corps d’une fillette de trois ans
Lauren vit le même cauchemar. Sa fille, en petite section, revient un mercredi avec une marque rouge sur le corps. L’enfant refuse désormais d’aller à l’école les mercredis, jour où elle fréquente le périscolaire. « Vous imaginez ce que peuvent ressentir les parents qui ne savent rien ? », s’indigne Lauren, qui avait déjà alerté les autorités entre septembre et décembre.
L’indifférence institutionnelle : un sentiment d’impuissance
Malgré leurs démarches répétées, les parents se heurtent à un mur. La directrice de l’école les renvoie vers le périscolaire. Les réunions s’enchaînent sans résultats concrets. En octobre, ils apprennent que certains animateurs éteignaient carrément les lumières pour faire taire les enfants turbulents à la cantine.
Un animateur particulièrement agressif, décrit comme criant constamment sur les élèves, ne sera suspendu qu’après deux nouvelles réunions en novembre et décembre. Quant à la directrice du périscolaire, filmée en train de hurler sur des enfants dans l’enquête, elle est simplement rétrogradée au poste d’adjointe. Une clémence qui choque les familles.
La réaction de la Mairie de Paris : sanctions et promesses
Sous la pression médiatique, la Mairie de Paris réagit enfin. Deux personnes sont suspendues : une animatrice et la directrice adjointe du périscolaire. Une enquête administrative est ouverte et un signalement au Parquet déposé pour maltraitance infantile.
L’institution reconnaît publiquement la gravité des faits : « La Ville de Paris partage la colère provoquée par ces images inadmissibles. » Une cellule d’écoute psychologique spécialisée dans la protection de l’enfance est mise à disposition des familles traumatisées.
Pourquoi avoir attendu si longtemps ?
Mais les questions persistent. « Les journalistes ont-ils alerté plus tôt ? Pourquoi ces personnes ne sont-elles suspendues que maintenant ? », s’interroge Lauren avec une légitime amertume. Le fossé entre le tournage en mai 2025 et les sanctions en janvier 2026 révèle des dysfonctionnements criants dans les mécanismes de signalement des violences scolaires.
Vers une refonte totale du système périscolaire parisien
Ce scandale met en lumière des problèmes structurels profonds. Le collectif SOS périscolaire dénonce depuis des mois le manque criant de formation du personnel éducatif, les conditions de travail dégradées, et le non-respect systématique des normes de sécurité pour les jeunes enfants.
La mairie de Paris annonce des mesures correctives immédiates : recrutement d’animateurs supplémentaires, formations obligatoires renforcées, et contrôles inopinés dans tous les établissements. Mais pour les parents de l’école Saint-Dominique, la confiance est brisée. Leur combat pour la protection des enfants ne fait que commencer.
Leur message est clair : écouter les parents, c’est protéger les enfants. Ignorer leurs alertes, c’est les abandonner à leur sort. Dans les couloirs de cette école parisienne, le silence a enfin été brisé.
