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Un conflit d’auteur éclate autour du loup d’Intermarché : plagiat ou coïncidence ?

Le loup solitaire d’Intermarché, héros tendre de la campagne de Noël 2025, a conquis les écrans du monde entier. Mais derrière ce succès viral, une ombre plane : l’écrivain Thierry Dedieu affirme y reconnaître l’histoire qu’il a publiée huit ans plus tôt. Dans un climat de tension croissante entre création publicitaire et propriété intellectuelle, cette affaire interroge les frontières floues de l’inspiration.

La pub qui a ému des millions

Diffusée sous le titre Le mal aimé, la publicité d’Intermarché raconte le parcours d’un loup rejeté par la forêt, qui décide de se nourrir uniquement de fruits et légumes pour gagner l’amitié des autres animaux. Le récit, porté par une esthétique féerique et un message sur la nutrition durable, a généré plus de 600 millions de vues en quelques semaines. Une peluche du personnage principal devrait bientôt être commercialisée.

Un livre antérieur aux similitudes frappantes

Publié en 2017 aux éditions Seuil Jeunesse, Un Noël pour le loup raconte, lui aussi, l’histoire d’un loup solitaire cherchant à se racheter pendant les fêtes. Thierry Dedieu souligne des parallèles précis : un repas de Noël préparé sans viande, une forêt enneigée, une atmosphère de rédemption, et un loup qui souhaite prouver sa bienveillance. « La trame narrative est identique », insiste-t-il.

La défense de l’agence Romance

Christophe Lichtenstein, directeur de l’agence Romance — conceptrice du spot en collaboration avec le studio Illogic Studios — rejette toute idée de plagiat publicitaire. Selon lui, les codes visuels, les dialogues et la morale diffèrent fondamentalement. « Un loup, c’est un loup. Un arbre, c’est un arbre », plaide-t-il, affirmant que ces éléments relèvent du domaine commun narratif plutôt que d’un emprunt illégitime.

Vers une bataille juridique ?

Thierry Dedieu, soutenu par des acteurs du milieu du livre, a entamé des démarches pour obtenir des clarifications. Bien qu’il n’ait pas encore déposé plainte, il n’exclut pas une action en justice pour contrefaçon d’œuvre littéraire. Intermarché, de son côté, dénonce une « tentative d’appropriation individuelle » d’un récit qu’il présente comme entièrement original.