Macron brise le silence : un appel à Poutine pourrait-il relancer la paix en Ukraine ?
Une ouverture sous conditions strictes
« Je pense qu’il va redevenir utile de parler à Vladimir Poutine », a-t-il déclaré après un sommet européen ayant abouti à l’engagement de 90 milliards d’euros en faveur de Kiev. Ce n’est pas un appel à la normalisation, mais une manœuvre diplomatique calculée.
Ukraine: Emmanuel Macron affirme "qu'il va redevenir utile" de parler à Vladimir Poutine #BFM2 pic.twitter.com/76L1BMUrZt
— BFM (@BFMTV) December 19, 2025
Macron insiste : tout échange doit se faire « en toute transparence » et dans un « cadre organisé », impliquant à la fois les Européens et les Ukrainiens. Il ne s’agit pas de négocier dans l’ombre, mais d’éviter que d’autres — notamment les États-Unis — ne dictent seuls les termes d’une paix fragile.
Le spectre de Donald Trump en toile de fond
Le président français ne nomme pas explicitement Donald Trump, mais la référence est limpide. Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, l’ancien président républicain multiplie les contacts directs avec Moscou, via des émissaires discrètement envoyés à Moscou et à Kiev.
« Il y a des gens qui parlent à Vladimir Poutine », observe Macron, inquiet qu’une diplomatie parallèle ne marginalise l’Europe. « Discuter entre nous avec des négociateurs qui vont seuls voir les Russes, ce n’est pas optimal », prévient-il.
Un passé diplomatique compliqué
Emmanuel Macron a longtemps été le dernier chef d’État occidental à entretenir un fil direct avec le Kremlin après l’invasion de février 2022. Cette approche a cessé après les révélations sur le massacre de Boutcha, moment où il a accusé Poutine de « mentir » sur ses intentions de paix.
Leur dernier entretien, en juillet 2025, portait sur l’Iran, non sur l’Ukraine. Avant cela, en septembre 2022, ils avaient évoqué la sécurité de la centrale nucléaire de Zaporijia, alors sous contrôle russe.
Vers une nouvelle architecture de paix ?
Macron esquisse deux chemins possibles. Soit un accord de paix robuste et durable émerge des négociations actuelles — auquel cas une conférence internationale incluant tous les acteurs sera inévitable. Soit ces efforts échouent, et il faudra alors, selon lui, « dans les prochaines semaines », que l’Europe « réengage un dialogue complet avec la Russie ».
Cette déclaration ne marque pas un revirement idéologique. C’est une reconnaissance lucide : dans un monde où la diplomatie devient multipolaire, l’Europe ne peut pas se contenter d’être spectatrice.
