Actu

Face aux blocages agricoles, le gouvernement trace une ligne rouge en pleine trêve des fêtes

Les routes françaises sont devenues le théâtre d’une confrontation inédite. Alors que des milliers d’agriculteurs manifestent contre l’accord UE-Mercosur et les failles dans la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, le gouvernement a décidé de ne plus céder. En cette période où les familles se réunissent et les commerces battent leur plein, la priorité est claire : assurer la libre circulation. Même au prix d’un bras de fer avec un secteur en colère.

Une réponse ferme, mais mesurée


Vendredi 19 décembre, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a levé toute ambiguïté sur RTL : « Nous ne tolérerons plus de blocages. » Derrière cette déclaration se cache une consigne précise donnée par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez aux forces de l’ordre — agir avec discernement, mais sans hésitation.

L’enjeu dépasse le seul conflit agricole. Il s’agit aussi de protéger les citoyens. « Les Français doivent pouvoir rejoindre leur famille pour ces moments de fête », a-t-elle insisté, soulignant la responsabilité de l’État à garantir la sécurité et la mobilité.

Quand la mobilisation perturbe l’économie locale

Les commerçants en période des fêtes ne sont pas épargnés. Leur activité, souvent vitale en décembre, est freinée par les barrages routiers. « Ils travaillent beaucoup en ce moment et doivent pouvoir faire fonctionner leurs entreprises », a rappelé Maud Bregeon, élargissant ainsi le débat au-delà du seul monde agricole.

Une colère qui traverse les frontières

La fronde des agriculteurs n’est pas cantonnée à la France. À Bruxelles, des centaines d’entre eux ont manifesté devant le Parlement européen. Leur cible ? L’accord commercial avec le Mercosur, jugé dangereux pour les normes sanitaires et environnementales européennes.

Face à cette pression, Ursula von der Leyen a annoncé le report à janvier 2025 de la signature officielle du traité. Une concession temporaire, mais qui offre une brèche pour le dialogue.

Matignon tente de reprendre la main

Pour apaiser les tensions, le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit vendredi les principaux syndicats agricoles. Deux sujets dominent l’agenda : la crise liée à la dermatose bovine et les garanties exigées sur l’accord avec le Mercosur. Les attentes sont hautes. Les marges de manœuvre, étroites.