Nagui riposte violemment aux accusations de “parasitisme” de Charles Alloncle
Quand un député pointe du doigt une “personnalité enrichie par l’argent public”, il ne s’attend peut-être pas à ce que cette personne réponde en direct, avec précision, colère… et preuves à l’appui. C’est pourtant ce qu’a fait Nagui, l’animateur-phare de Taratata, après avoir été visé publiquement par Charles Alloncle. Loin de se laisser salir, il a démonté point par point les insinuations — et dénoncé un climat délétère où l’origine et le succès deviennent des motifs de suspicion.
L’origine de la polémique : une phrase en trop
Fin décembre 2025, dans le cadre des travaux de la commission parlementaire sur l’audiovisuel public, le député Charles Alloncle, rapporteur de l’enquête, a lancé une accusation lourde : selon lui, Nagui serait “la personnalité qui s’est le plus enrichie” grâce aux fonds publics au cours de la dernière décennie.
Pas de document, pas de chiffre, pas de procédure judiciaire — juste une opinion, émise dans un débat politique. Mais dans l’ère des réseaux sociaux, une telle déclaration suffit à déclencher une tempête.
Pas salarié de France Télévisions : un détail crucial
Contrairement à ce que beaucoup pourraient croire, Nagui n’est pas employé par France Télévisions. Il n’a jamais perçu de salaire directement de la chaîne publique. Ses émissions y sont diffusées, certes, mais produites par sa propre société, Air Productions, créée en 1993.
Cette structure indépendante travaille sur appel d’offres, comme des dizaines d’autres en France. Elle facture des programmes — pas des “subsides”. Et selon Nagui, elle génère assez de revenus pour assumer 10 000 bulletins de salaire annuels. Une réponse cinglante à ceux qui imaginent un homme vivant aux crochets du contribuable.
Entre attaque politique et cyberharcèlement
L’animateur ne se contente pas de défendre son modèle économique. Il dénonce surtout les conséquences humaines de ces accusations publiques. Depuis les propos du député, il affirme recevoir des messages haineux, parfois ouvertement racistes.
Il cite des insultes comme “crouille” ou “bamboula” — des mots qu’il a déjà entendus dans sa jeunesse. Et il interroge, non sans ironie, les rumeurs sur ses “origines égyptiennes” ou un prétendu lien avec un compte Facebook d’extrême droite. « Tout cela au conditionnel », souligne-t-il, marquant le fossé entre rumeur et réalité.
Un ultimatum : les tribunaux ou le silence
Plutôt que de s’enliser dans une guerre de tweets, Nagui pose une condition claire : s’il existe des preuves d’un enrichissement illégitime, qu’elles soient présentées devant une juridiction compétente. Sinon, il demande le respect — et la fin de ce qu’il qualifie de “mise en pâture médiatique”.
Sa position est ferme : il refuse d’être utilisé comme cible facile dans un débat plus large sur la gouvernance de l’audiovisuel public. Surtout quand ce débat sert de prétexte à des attaques personnelles.
Au-delà de Nagui : le sort des créateurs indépendants
Ce cas illustre une tension croissante dans le paysage audiovisuel français. Les producteurs indépendants, souvent à la fois dans le public et le privé, sont de plus en plus scrutés. Pourtant, leur modèle repose sur la commande, non sur la subvention.
En visant Nagui, c’est tout un écosystème qui est mis en cause — celui des créateurs qui font vivre des milliers d’emplois grâce à des contrats légaux, transparents et compétitifs. Et si le débat sur les dépenses publiques est légitime, il ne doit pas se transformer en chasse aux sorcières médiatiques.
