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Quand une princesse des mèmes accompagne Jordan Bardella : le clash des mondes

Une photo. Une voiture. Un silence éloquent. Et soudain, tout explose. Le 13 janvier 2026, à la sortie du gala du Figaro, Jordan Bardella est aperçu en compagnie de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. Rien d’officiel, rien de déclaré — mais assez pour relancer une polémique vieille de huit ans… et en créer une toute nouvelle.

Le retour de la princesse virale

En 2018, Maria Carolina n’avait que 14 ans. Invitée avec sa mère et sa sœur dans Ça commence aujourd’hui, elle avait marqué les esprits par une réponse candide : “Je me cache derrière les arbres pour faire bouh.” Innocente, certes. Mais sur Internet, l’innocence se transforme vite en spectacle.

La séquence devient un mème mondial. Pendant des mois, elle est détournée, moquée, archivée comme symbole d’une jeunesse dorée déconnectée. Pourtant, loin de fuir cette image, la jeune femme l’a intégrée à son récit. Aujourd’hui, à 22 ans, elle incarne une nouvelle génération d’influenceuses old money — élégantes, discrètes, mais omniprésentes.

Un style qui fascine, un passé qui colle

@cacommenceauj.fr Aristocratie – elles ont beaucoup de responsabilités pour leur âge ! – Ça commence aujourd'hui #cca ♬ nhạc nền – Ça commence aujourd'hui

 

Sur Instagram, Maria Carolina cultive un univers feutré : robes de couture, bals privés, lectures classiques, voyages en Toscane. Son esthétique old money attire des centaines de milliers d’abonnés, surtout parmi les 18–30 ans en quête de repères esthétiques et sociaux.

Pourtant, chaque fois qu’elle apparaît en public, le fantôme de 2018 ressurgit. Ce n’est plus seulement une héritière — c’est “la fille qui faisait bouh”. Et cette fois, c’est aux côtés du visage montant du Rassemblement National.

Bardella entre populisme et élites

Le timing n’est pas anodin. Alors que Marine Le Pen traverse une phase de retrait médiatique, Jordan Bardella affine son image de leader. Mais se montrer avec une aristocrate citée dans les Paradise Papers crée un paradoxe criant.

Comment incarner la France populaire en sortant d’un gala du Figaro au bras d’une princesse ? Des voix internes au RN s’inquiètent d’un glissement vers la “peopolisation”. D’autres y voient un mépris social mal camouflé. La presse, notamment Le Monde, souligne l’incohérence stratégique.

Entre ironie et stratégie, qui gagne ?

Ironiquement, c’est peut-être cette tension même qui rend l’épisode si captivant. Le mème d’hier devient l’enjeu d’aujourd’hui. La princesse moquée devient un miroir des contradictions politiques actuelles.

Et tandis que les commentaires fusent sur X, TikTok et Instagram, une question demeure : dans un monde où l’image vaut plus que le discours, qui contrôle vraiment le récit ?